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L’Insee prévoit une faible croissance en France au deuxième trimestre

La France devrait afficher une croissance d’environ 0,25% au deuxième trimestre, après +0,4% au premier, a estimé l’Insee jeudi. Le troisième confinement a pénalisé l’économie mais moins que les précédents, en particulier dans l’industrie et le bâtiment.

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Crédit: iStock.

Après une dégradation de l’activité en avril, retombée 6% en dessous de son niveau d’avant crise, le produit intérieur brut (PIB) devrait rebondir « rapidement » en mai, selon l’Insee. Et encore plus en juin où il reviendrait 2,5% sous son niveau d’avant crise, si le calendrier de déconfinement prévu est tenu, prévoit l’institut dans son point de conjoncture. En avril, le confinement a ainsi moins affecté l’économie que lors des précédents épisodes d’avril et novembre 2020. L’industrie et le bâtiment continuant même de progresser légèrement.

Le produit intérieur brut (PIB) était tombé 31% sous son niveau d’avant crise en avril 2020 lors du premier confinement, et 7,5% en novembre dernier pendant le deuxième. Par rapport à novembre, « les restrictions de circulation étaient un peu moindres, la liste des magasins potentiellement ouverts a été un peu élargie, même si en sens inverse les écoles ont été fermées quelque temps », a résumé Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee, lors d’une visioconférence de presse.

Sous le niveau d’avant crise

En moyenne, sur l’ensemble du deuxième trimestre, l’économie française resterait ainsi 4% sous son niveau d’avant crise, soit à peine mieux qu’au premier. « C’est très important. Cela correspond au creux mesuré au plus fort de la crise de 2008-2009 », a souligné Julien Pouget, même s’il estime que l’efficacité des mesures de soutien pour préserver les entreprises et les revenus des ménages permet d’espérer un fort rebond une fois l’épidémie jugulée.

Il faudra notamment pour cela que la confiance revienne suffisamment pour relancer la consommation des ménages. En avril, elle est restée le poste « le plus contraint par les restrictions sanitaires », s’affichant 10% sous son niveau d’avant crise, avec des dépenses qui décrochent en particulier dans l’habillement. Là encore, c’est un peu mieux que lors du précédent confinement, où elle était tombée à 15% de son niveau pré-Covid. Du côté de la production, les services sont restés en avril globalement pénalisés par les restrictions.

A l’inverse, l’industrie et le bâtiment se rapprochent de leur niveau d’avant crise, mais les entreprises de ces secteurs font désormais remonter des problèmes d’approvisionnement qui limitent la reprise (pénurie de composants, hausse des coûts des matières premières, etc.).