Se connecter S’abonner

La France veut renouer avec ses touristes pour la saison d’été

La France lance ce mardi 11 mai sa campagne de relance du tourisme, espérant renouer avec les 90 millions de touristes en 2019 et retrouver sa position de leader en termes de fréquentation devant l’Espagne, la Grèce et l’Italie.

tourisme
iStock

Jean-Baptiste Lemoyne le répète à l’envi, il veut un été « bleu-blanc-rouge ». Pour cela, le secrétaire d’Etat chargé du Tourisme a lancé mardi 11 mai la campagne #ExploreFrance avec Atout France et les 13 Régions françaises. La campagne sera déclinée auprès de « dix marchés européens de proximité » (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Italie, Espagne, Danemark, Suède, Autriche). Quelque 10 millions d’euros sont investis dans cette campagne européenne. Le secrétaire d’Etat va aussi jouer les VRP début juin et se rendre en Belgique, Suisse, Allemagne et aux Pays-Bas. « C’est très important de le faire car en ce temps de crise sanitaire, le poids de la parole politique compte plus qu’avant », a-t-il déclaré à l’AFP.

 « Il est important de montrer qu’il y a une volonté politique de dérouler le tapis rouge à nos voisins européens. Notre clientèle européenne, c’est trois quarts de notre clientèle internationale », souligne le secrétaire d’Etat. En France, le tourisme a rapporté 57 milliards d’euros en 2019 (soit 7,5% du PIB) et représenté 2,87 millions d’emplois. En 2020, avec la crise sanitaire, les recettes ont été divisées par deux.

La Grèce en tête des destinations

Mais la France n’est pas la seule, la Grèce, l’Espagne et l’Italie entendent bien attirer les voyageurs elles aussi et certaines ont pris les devants, sans attendre la mise en place du passeport sanitaire européen attendu en juin. Selon une étude du cabinet ForwardKeys, la Grèce qui a annoncé mi-avril qu’elle ouvrait ses frontières aux personnes vaccinées, en a été récompensée avec des réservations quasi-immédiates aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. La compagnie United Airlines a annoncé l’ouverture de vols vers Athènes et en Grande-Bretagne. Et la Grèce est en tête de la liste des destinations entre juillet et septembre, dépassant même de 12% le taux des réservations de 2019.

« Il faut partir à point »

En France, la destination Grèce concentre 36% des réservations chez le voyagiste TUI suivie de l’Espagne (23%), la France (18%) et l’Italie (16%). « Le gouvernement grec a communiqué très tôt », confirme à l’AFP Christophe Fuss, directeur général adjoint TUI France, « ce qui a eu un effet très rapide sur les ventes ».

La France aurait-elle pris du retard ? « Il faut partir à point », répond Jean-Baptiste Lemoyne qui rappelle qu’un calendrier de reprise a été annoncé par le président de la République et que depuis, selon lui, « les carnets de commande se remplissent vite et fort ».

Pour Jean-Baptiste Lemoyne, le message est clair : « les touristes étrangers peuvent s’attendre à retrouver la France qu’ils ont connue avec davantage de précautions sanitaires ».

Vers une classification des pays ? 

Mais selon Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme, « il y a une absence de stratégie, d’anticipation ». Il propose notamment l’ouverture du pays aux voyageurs vaccinés, quelle que soit leur provenance. « Nous travaillons au niveau européen à une classification des pays (vert, orange, rouge), plusieurs pays sont déjà classés verts comme Israël, l’Australie, le Japon », a expliqué Jean-Baptiste Lemoyne lors du lancement de la campagne rappelant que « l’horizon » d’ouverture aux touristes étrangers est fixé au 9 juin.

« Pour un certain nombre de touristes, notre pays reste un pays à risque sanitaire », selon la prospectiviste Cécile Poignant. Le calendrier de reprise est d’ailleurs soumis à la condition que le taux d’infections reste inférieur à 400 pour 100.000. En cas contraire, des « freins d’urgence » sanitaires peuvent être activés. 

« Les gens ont certes envie de voyager mais leur rapport au voyage a beaucoup changé », ajoute-t-elle, « notamment leur rapport à la distance, au transport ». La France pourrait alors tirer profit de sa proximité avec de nombreux pays européens, souligne-t-elle. Didier Arino confirme: « Le premier atout de la France, c’est sa situation géographique ». « Ce n’est pas contraignant de venir en France pour nos voisins européens alors que pour les îles grecques, par exemple, il faut prendre l’avion ou un bateau ».