Se connecter S’abonner

Entreprises : les dirigeants des TPE ont le moral en berne

Malgré la fin annoncée du confinement, les artisans, commerçants, professionnels libéraux et dirigeants de Très petites entreprises (TPE) sont inquiets, selon le baromètre mensuel du Syndicat des indépendants (SDI).

Fisc impôts fermeture agences
Crédit: iStock.

Les 15 derniers mois ont exaspéré les dirigeants des Très petites entreprises (TPE). Ils affichent même un moral en berne selon le baromètre mensuel du Syndicat des indépendants (SDI), publié le 17 mai. Plus de 2.000 artisans, commerçants et professionnels libéraux ont répondu de manière volontaire. Ainsi, 600.000 TPE seraient « au bord du gouffre », et cela ne concerne pas que les professionnels des secteurs S1/S1 bis, soit les entreprises du tourisme, de la restauration ou encore de l’événementiel. 30% des membres du syndicat « affirment s’interroger sur la pérennité de leur structure d’ici la fin de l’année », relève le communiqué.

Selon cette étude, le profil type est le commerçant de proximité, hors alimentaire et dans l’équipement de la personne, qui embauche moins de cinq salariés. Ces professionnels ont touché moins d’aides que les entreprises du secteur S1/S1bis, mais ils n’ont pas pour autant pu exercer une activité « normale ». Les pertes de chiffre d’affaires sont de l’ordre de 20 à 30% depuis le début de la crise sanitaire. Pour ceux qui ont touché des aides, elles n’ont pas suffi à compenser les pertes pour 70% d’entre eux. Elles ont représenté moins de 50% des besoins courants de l’entreprise pour plus de la moitié des personnes interrogées. De plus, la majorité, soit 74%, estime que la durée d’étalement des dettes sociales et fiscales accumulées est trop courte, car elle est inférieure à un an.

«Un filet de sécurité de sécurité universel » jusqu’en août

Autre constat de ce baromètre mensuel, l’impact de la crise sur les finances personnelles des chefs de TPE : 52% d’entre eux estime qu’il est négatif, particulièrement sur leur rémunération, parfois inexistante pendant de longs mois ou largement minorée. Près de 200.000 TPE ont consommé leur prêt garanti par l’Etat (PGE) à 90%, pour payer les dettes et les charges courantes. Les modalités de remboursement, notamment le délai, est pointé du doigt. « Malgré des dirigeants volontaires à transformer la sortie du confinement en succès pour leur activité, la réalité des dettes accumulées impose le maintien d’un filet de sécurité universel jusqu’à fin août 2021, ainsi que donner la possibilité d’étendre à deux ans la durée de remboursement du PGE, même sans garantie de l’État sur cette dernière période », estime Marc Sanchez, Secrétaire Général du SDI.