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Les Français de plus en plus sensibles à la réparation

L’indice de réparabilité mis en place par le gouvernement doit inciter les consommateurs à ne plus racheter systématiquement un appareil neuf en cas de panne. La facilité de réparation devient un vrai critère d’achat.

Crédit: iStock.

Selon un sondage récent pour Samsung Electronics France, 8 Français sur 10 cherchent à réparer leurs produits en cas de panne ou de dysfonctionnement. Ils sont 54 % à essayer de réparer eux-mêmes quand 29 % font appel à un réparateur. Au final, seuls 15% des sondés choisissent systématiquement de remplacer leur appareil par un neuf. En cause : le coût de la réparation et la facilité.

Depuis le 1er janvier, un nouvel indice officiel – l’indice de réparabilité – est entré en vigueur. Avec une notation de 0 à 10, il permet aux consommateurs de vérifier simplement et rapidement si le produit qu’ils envisagent d’acheter sera facile ou non à réparer. Plusieurs critères sont pris en compte : le prix des pièces détachées, leur durée de disponibilité, la démontabilité, la disponibilité de la documentation technique. Jusqu’ici, seules quelques initiatives sporadiques permettaient de savoir si un appareil était facilement réparable. La plate-forme Ifixit met ainsi à disposition une évaluation de la réparabilité des smartphones.Le nouvel indice de réparabilité, lui, est apposé pour l’heure sur 5 catégories de produits électriques et électroniques : lave-linge à hublot, téléviseurs, ordinateurs portables, smartphones et tondeuses à gazon électriques. Plus de 85% des smartphones neufs l’affichent par exemple. De nouvelles catégories d’appareils seront concernées en 2022.

Les fabricants juges et parties

Pour faciliter la démarche de réparation, un site Internet dédié a été mis en place par l’Ademe. Longuevieauxobjets.gouv.fr recense un annuaire de réparateurs sûrs et propose un outil de diagnostic des pannes ainsi que divers tutoriels. Nouveauté : il est désormais possible de comparer grâce à un partenariat avec Spareka, une des principales places de marché de pièces détachées, les appareils entre eux en fonction de leur indice de réparabilité. Pour appuyer le déploiement de l’indice, le ministère de la Transition écologique lance à compter du 18 mai une campagne de communication. L’objectif : atteindre 60 % d’appareils réparés d’ici à cinq ans contre 40% actuellement.

Reste une réserve majeure sur l’indice de réparabilité : ce sont les fabricants eux-mêmes qui s’attribuent les notes. Des contrôles sont prévus, mais l’amende encourue par les professionnels en cas de triche ne s’élève qu’à 15 000 euros. Suffisant pour changer la donne ?