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Déconfinement : les patrons des PME ne sont pas sereins

Malgré l’optimisme ambiant avec la première étape du déconfinement, les dirigeants des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME) sont inquiets.

Crédit: iStock.

Le mercredi 19 mai marque le premier jour de déconfinement en France. Alors que les dirigeants affichent un optimisme certain, à l’image du ministre de l’Economie, des finances et de la relance, qui parlait la veille d’un redémarrage « fort », les patrons des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME) affichent une certaine inquiétude. Bruno Le Maire a estimé mardi 18 mai que le retour de l’économie au niveau d’avant-crise pourrait avoir lieu « peut-être au premier trimestre 2022 ». De leur côté, 53% des dirigeants de TPE et PME se disent inquiets de la pérennité de leur entreprise, soit à peu près le même pourcentage qu’en janvier, selon une étude de la Confédération des PME, relayée par Les Echos le 19 mai.

Les patrons « sentent que la reprise est à portée de main et qu’elle sera dynamique », estime François Asselin, président de la CPME, « mais il y a malgré tout beaucoup d’incertitudes liées à leur situation financière ou à des problèmes d’approvisionnement ». Selon le sondage, 37% des dirigeants anticipent une baisse de leur chiffre d’affaires au deuxième trimestre de 2021 par rapport au précédent. Cette part s’améliore, puisqu’ils étaient 55% en début d’année. En revanche, pour 32% d’entre eux, l’endettement s’est creusé les trois premiers mois de l’année, relève le quotidien. Enfin, 42% voudraient renforcer leur trésorerie.

Différer le remboursement des PGE

Autre résultat de ce sondage de la CPME, la part de chefs d’entreprises qui rencontrent des difficultés à payer leur loyer concerne 22% d’entre eux. Environ 58% des entreprises qui ont souscrit à un prêt garanti par l’Etat (PGE) ont demandé de différer son remboursement de deux ans. 10% disent avoir besoin de huit ans au total. La hausse des prix des matières premières impacte aussi les entreprises pour 59% d’entre elles. François Asselin prône la création d’outils pour étaler le remboursement des dettes sur une longue période, « comme la création d’un prêt de consolidation », annonce-t-il aux Echos. La CPME craint toujours une hausse des faillites en 2022. Pour améliorer le moral des entreprises, le président de la confédération voudrait que les 70% du plan de relance qui restent à engager soient dirigés vers les territoires et les PME.