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Rénovation énergétique : MaPrimeRénov’ cartonne, dépêchez-vous !

Principale aide à la rénovation énergétique, MaPrimeRénov’ fait le plein et les dossiers de financement s’accumulent. Tout le monde pourra-t-il être servi ?

rénovation énergétique
Crédit : iStock.

Depuis le 11 janvier dernier, tous les propriétaires occupants sans conditions de ressources, ainsi que toutes les copropriétés, peuvent demander à bénéficier de MaPrimeRénov’ pour des travaux de rénovation énergétique. L’Agence nationale de l’habitat (Anah vient de publier un bilan d’étape du dispositif. Et le constat est clair : les Français se sont précipités pour obtenir un financement. Au total, ce sont ainsi 280 000 demandes qui ont été déposées sur la plate-forme dédiée (Maprimerenov.gouv.fr) depuis le début de l’année. En majorité, les demandeurs sont âgés de 50 ans et plus (57% des dossiers) et disposent de moins de 3.000 euros de revenus mensuels. Ils habitent à 83% hors des métropoles et en maisons individuelles (95%).

Moins de 4 000 euros de prime en moyenne

Les travaux qui ont été engagés concernent essentiellement le chauffage, avec l’installation de poêles à granulés, de pompes à chaleur ou de chaudière à gaz, et l’isolation. Le montant moyen de la prime, lui, s’est élevé à 87% à moins de 4.000 euros (pour 39% des dossiers, à moins de 2.000 euros). Pour « doper » la prise en charge, la majorité des demandeurs (54% en moyenne, 68% pour des travaux en rapport avec l’installation d’une pompe à chaleur air/eau) ont recouru en parallèle aux certificats d’économie d’énergie.

Autre enseignement : à 75%, les déposants n’ont pas eu recours à un conseiller faire pour monter leur dossier alors que ce réseau officiel est censé aiguillé vers les principales aides à la rénovation énergétique. Quant à la satisfaction vis-à-vis du dispositif, elle est au rendez-vous : 97% des bénéficiaires sont positifs sur le confort obtenu dans leur logement après travaux et 72% estiment qu’il y a eu un impact net de réduction de leurs dépenses de chauffage (83% pour ceux qui ont installé un poêle à granulés). A 69%, ils n’auraient pas engagé les travaux sans l’aide.

Refonte ou disparition de certaines aides

Pour ceux qui voudraient engager des travaux, le timing est désormais serré. Si le rythme actuel de demandes de MaPrimeRénov’ se maintient, l’enveloppe budgétaire prévue serait consommée avant la fin de l’année, voire même l’automne. Le gouvernement a prévu 1,655 milliard d’euros pour le dispositif en 2021 et 500.000 dossiers financés en tout. Or ce cap pourrait être atteint dès octobre prochain. Y aura-t-il alors une rallonge financière ? Rien n’est sûr, même si selon la ministre du logement, Emmanuelle Wargon, « MaPrimeRénov’ sera financée à hauteur des besoins ».

Quoi qu’il en soit, dès cet été certaines aides à la rénovation énergétique seront, elles, bel et bien supprimées : il s’agit du Coup de pouce sur le remplacement d’une ancienne chaudière gaz par une plus récente et celui permettant l’installation d’un radiateur électrique performant. Les forfaits sur le Coup de pouce isolation seront, eux, rognés.

Avec le succès de MaPrimeRénov’, la rénovation du parc de logements va en tout cas s’accélérer. En 2019, selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique, près de 2,1 millions de logements collectifs et de maisons individuelles ont été rénovés, soit 7% du parc. Pour rappel, la France compte 4,8 millions de passoires énergétiques, dont plus de 2 millions en location. Pour ces dernières, le compte à rebours a commencé : à partir du 1er janvier 2023, tous les logements dont la consommation énergétique excède les 450 kWh/m²/an (classés G sur le DPE) seront interdits à la location.