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Réforme de l’assurance chômage : des syndicats saisissent le Conseil d’Etat

La quasi-totalité des syndicats ont déposé, vendredi 21 mai, devant le Conseil d’État des recours contre la réforme de l’assurance chômage qui doit entrer en vigueur le 1er juillet.

assurance chômage
Crédit : Vincent Loison/SIPA.

Les syndicats se mobilisent. Après l’Unsa, jeudi 20 mai, la CFDT, la CGT associée à Solidaires et à la FSU, Force Ouvrière et la CFE-CGC ont saisi la justice. La raison ? Ils demandent l’annulation du décret du 30 mars réformant l’assurance chômage, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet. Les juges disposent d’un mois pour se prononcer sur les demandes de suspension en référé du décret, puis ont quatre mois pour, éventuellement examiner le fond. 

Les syndicats dénoncent une « réforme injuste » et contestent plusieurs mesures : le durcissement de quatre à six mois de travail pour l’ouverture et le rechargement des droits, la dégressivité des allocations pour les salariés ayant gagné plus de 4.500 euros ainsi que les modifications du rechargement des droits.

Dans leur viseur aussi : l’instauration du nouveau calcul du salaire journalier de référence (SJR). Celui-ci est désormais obtenu en divisant les salaires perçus non seulement par les jours travaillés mais aussi par une partie des jours non travaillés, ce qui pénalise les demandeurs d’emploi. Souvent précaires, ces derniers alternent parfois contrats courts et inactivité. 

« Une ignominie en pleine crise de l’emploi »

Après l’annulation d’un premier décret en novembre dernier par le Conseil d’Etat, le gouvernement avait apporté des modifications en plafonnant les jours non travaillés pris en compte.  Mais pour les syndicats, ces « retouches à la marge » sont insuffisantes. Ce sont « encore 516.000 personnes qui verront leur allocation mensuelle baisser en moyenne de 29% », souligne FO. « Le versement d’allocation serait aléatoire, à même salaire et même temps de travail selon l’intensité des périodes de chômage entre les contrats », précise de son côté la CGT qui évoque « une ignominie en pleine crise de l’emploi ».

Pour la CFE-CGC, le gouvernement « ne doit pas simplement ajuster sa réforme, il doit l’abandonner ! ». La Coordination nationale des théâtres occupés, avec les intermittents, qui sont eux aussi particulièrement impactés par la réforme, appelle à la mobilisation dans toute la France le 22 mai prochain.