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Tourisme : le remboursement des avoirs va provoquer des faillites

Les agences de voyages pourraient être nombreuses à faire faillite face à une vague de remboursement des avoirs qui n’ont pas été utilisés, selon l’Association professionnelle de solidarité du tourisme (APST).

Crédit : Istock.

Face à l’annulation des voyages en 2020, les agences de voyages ont délivré des centaines de milliers d’avoirs auprès de leurs clients. Ils sont valables dix-huit mois et beaucoup prendront fin à la rentrée prochaine, obligeant les professionnels à procéder à des remboursements. L’Association professionnelle de solidarité du tourisme (APST) craint que leur nombre soit trop important et provoque des faillites. En effet, elle relève dans son rapport du 2 juin que « les avoirs covid s’élèvent à 1 milliard d’euros », d’après un audit mené par le cabinet Mazars, et que « les autres acomptes reçus déclarés par les adhérents s’élèvent à 600 millions d’euros », relève-t-elle encore, ce qui porte le risque théorique brut pour l’Association à 1,6 milliard d’euros au 1er avril 2021, soit 500 millions d’euros de risque net.

Ainsi, le remboursement potentiel des « avoirs covid » serait un « ‘choc’ majeur pour l’industrie », estime l’APST. Elle rappelle l’épisode de Thomas Cook : c’est elle qui avait pris en charge les remboursements et rapatriements des clients du voyagiste, rappelle Le Parisien, après son dépôt de bilan. La plupart des agences attendent la reprise du tourisme cet été et ont consommé ces avoirs pour payer leurs charges courantes, sans parler de celles qui survivent grâce au Prêt garanti par l’Etat (PGE). Le ministère de l’Economie, des finances et de la relance assure à nos confrères surveiller « la situation financière des agences de voyages comme le lait sur le feu ».

Autre système de garantie voyage

L’APST propose donc un changement de la garantie voyage, la mettant sur deux niveaux, « le premier étant assuré par les actuels garants du système, le second, fonctionnant comme un système de réassurance semi-public, venant prendre le relais des garants de premier rang au-delà d’un certain montant de sinistre ». Le consommateur conserverait une garantie illimitée, avec un risque plus limité pour les agences concernées. Une contribution serait prélevée sur chaque voyage ou voyageur, « contribution dont les modalités de perception et le montant restent à déterminer, afin de préserver certains types de voyages comme les voyages scolaires, par exemple », précise encore l’association. Le but de cette contribution est de rendre l’impact nul pour les finances publiques. Le modèle existe déjà en Allemagne et aux Pays-Bas.