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Investissement : on est encore loin de la parité dans les sociétés de gestion en capital-risque

Seulement 10% des fonds en capital-risque européens comptaient une équipe d’associés mixte entre 2016 et 2020.

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Crédit: iStock.

Plus de parité homme-femme dans le secteur de l’investissement. C’est ce que réclame une pétition lancée par le mouvement « European Women in VC », femmes européennes en « venture capitalists » (fonds en capital-risque). L’association publie une étude qui montre qu’on est encore loin de la parité au sein des sociétés de gestion en Europe. Ainsi, il n’y aurait que 10% des sociétés de fonds en capital-risque qui comptaient une équipe d’associés mixte entre 2016 et 2020, rapporte le quotidien Les Echos le 19 juillet. De plus, sur 51 milliards d’euros d’actifs, cinq milliards seulement viennent de fonds dirigés par des femmes. En Europe, la taille moyenne d’un fonds dirigé par une femme est de 10 millions d’euros, alors que celle d’un homme est de 70 millions d’euros.

Le mouvement « European Women in VC » rassemble près de 700 investisseuses seniors et il vient de remettre sa pétition à la commissaire européenne en charge entre autres de l’innovation, Mariya Gabriel. Son objectif est de porter à 30% la proportion de capitaux disponibles à des fonds dirigés par des femmes, en poussant les « venture capitalists » et les institutionnels à le faire. Il s’agit plus largement d’inciter à investir dans les entreprises dirigées par des femmes. Certaines sociétés font figure d’exemple, comme Elaia, qui compte 55% de femmes au sein de ses comités d’investissement et 40% au comité exécutif, rapportent nos confrères. Une parité dont se défend le cofondateur, qui explique que le recrutement est fait en fonction des qualités. « Le genre ne me parle pas », précise Xavier Lazarus.

50% de femmes

Une autre société française, Alter Equity, compte 50% de femmes dans son équipe d’investissement, mais selon sa fondatrice, Fanny Picard, « ce n’est pas un objectif ». Les deux entreprises reçoivent beaucoup de candidatures féminines, rapporte le quotidien. « De nombreux fonds cherchent d’ailleurs à recruter nos super investisseuses sans cesse et se plaignent de la faiblesse du nombre de candidates », avoue Xavier Lazarus, qui reçoit beaucoup de candidatures féminines. Le programme de crèche d’entreprise et une certaine « discipline sur les horaires tardifs » seraient un atout.

Quant à l’instauration de quotas comme au sein des conseils d’administration des grands groupes, imposés par la loi Copé-Zimmermann, les avis divergent. « Je préférerais que les grands investisseurs mettent la pression sur les fonds de capital-risque », estime Xavier Lazarus chez Elaia. L’objectif serait surtout d’investir plus dans des sociétés dirigées par des femmes.