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Retour de la croissance en Europe au deuxième trimestre

La croissance est en forte hausse au deuxième trimestre 2021 en Europe avec une augmentation de 2% du PIB et une décrue du chômage.

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Crédit: iStock.

Alors que la pandémie de Covid-19 menace toujours, les Etats-Unis et la Chine affichent une croissance insolente et l’Europe renoue avec la croissance au deuxième trimestre, après une récession au début de l’année. Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a rebondi de 2% par rapport aux trois premiers mois de l’année, a annoncé vendredi 30 juillet l’Office européen des statistiques, Eurostat, grâce aux progrès dans la vaccination contre le Covid-19 et à la levée progressive des restrictions sanitaires. Le chiffre est spectaculaire et dépasse les attentes. Les 19 pays partageant la monnaie unique ont fait mieux que les Etats-Unis (+1,6%) et la Chine (+1,3%).« Avec la baisse des taux d’infection au Covid-19 et les progrès de la vaccination, la réouverture économique de la zone euro a produit une croissance supérieure aux attentes », a résumé Karl Thompson, économiste du Centre for Economics and Business Research (CEBR).

Toutefois, l’économie européenne reste 3% en dessous de son niveau d’avant la pandémie. Le PIB devrait retrouver son niveau d’avant-crise au dernier trimestre 2021, avait annoncé début juillet la Commission européenne. Les pays du sud, les plus touchés par l’effondrement du tourisme provoqué par la pandémie, devront même patienter jusqu’au deuxième semestre 2022. Les Etats-Unis ont déjà atteint cet objectif au printemps et la Chine dès la fin d’année dernière. Grâce à des confinements moins durs, l’activité aux Etats-Unis, comme en Chine, avait mieux résisté qu’en Europe à la pandémie. Elle y a aussi redémarré plus vite. Le PIB américain devrait bondir de 7% en 2021 et celui de la Chine de 8,1%, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) publiées mardi 27 juillet.

Réouverture des restaurants dans les pays du sud

Même si l’Europe devrait bénéficier des investissements dans l’écologie et le numérique portés par son plan de relance « NextGenerationEU », sa croissance devrait plafonner à 4,6% cette année, estime le FMI. Le rebond ne compensera pas la chute historique de 6,6% subie l’an dernier. Vendredi, « les bonnes surprises sont venues des pays méditerranéens », a souligné Andrew Kenningham de Capital Economics. Tirant partie de la réouverture des hôtels et restaurants et du retour des touristes, l’Espagne (+2,8%) et l’Italie (+2,7%) ont fait mieux que l’Allemagne (+1,5%) et la France (+0,9%) au deuxième trimestre.

« On assiste partout au rattrapage des secteurs qui étaient fermés à cause des restrictions sanitaires », explique Selin Ozyurt, économiste de l’assureur-crédit Euler Hermes. Comme d’autres instituts financiers, la banque ING prévoit la poursuite d’une croissance « très forte » en Europe durant l’été, malgré le variant Delta du coronavirus qui « entraîne certains retards dans l’assouplissement des restrictions » et « les problèmes de chaîne d’approvisionnement qui continuent de peser sur la production manufacturière ». «L’économie de la zone euro continue de fonctionner comme un moteur diesel : il met du temps à démarrer, mais il ne faut pas le sous-estimer une fois qu’il a pris de la vitesse », a commenté Bert Colijn pour ING.

Embellie sur le marché de l’emploi

L’embellie sur le front de la croissance s’est en tout cas répercutée sur le marché de l’emploi. Le taux de chômage de la zone euro a nettement reculé en juin, touchant 7,7% de la population active, après 8% en mai, ce qui devrait encore conforter et alimenter la reprise. Seule ombre au tableau, le taux d’inflation annuel des pays partageant la monnaie unique a augmenté en juillet, à 2,2%, dépassant l’objectif de 2% de la BCE. Ces tensions sur les prix font craindre aux marchés financiers une remontée des taux d’intérêt. Mais la Banque centrale européenne (BCE) comme le FMI et de nombreux experts les jugent « temporaires », car liées aux prix de l’énergie et à des pénuries de composants dans l’industrie.

« La reprise de l’économie de la zone euro est en bonne voie », avait déclaré la semaine dernière la présidente de la BCE, Christine Lagarde, tout en s’inquiétant d’une éventuelle quatrième vague de la pandémie qui pourrait donner un nouveau coup de frein. De quoi justifier le maintien de sa politique monétaire accommodante.