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Locations saisonnières : la plateforme Abritel assignée pour «pratiques commerciales trompeuses»

Face aux annonces frauduleuses, le site de locations saisonnières Abritel est accusé de ne pas protéger les intérêts des consommateurs autant qu’elle le dit. Des vacanciers ont également attaqué la plateforme.

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Crédit: iStock.

Abritel est dans le viseur de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le service du ministère de l’Economie a assigné devant le tribunal de Paris les sociétés gestionnaires de la plateforme de locations de vacances pour « pratiques commerciales trompeuses », rapporte l’UFC – Que choisir, jeudi 19 août. Il est reproché au site internet de ne pas protéger, autant qu’il le dit, les consommateurs contre les petites annonces frauduleuses.

A la suite de plusieurs signalements, la DGCCRF a ouvert une enquête au cours de l’année 2020. Les investigations, qui se sont poursuivies en 2021, « ont mis en évidence une communication commerciale vantant les contrôles effectués, la fiabilité, la sécurité et les garanties d’utilisation de la plateforme, en contradiction avec ses conditions générales d’utilisation, qui en réduisent largement la portée effective », précise l’administration dans un communiqué.

Une communication renforcée

Selon elle, le fait qu’Abritel communique sur les contrôles qu’elle effectue, « sur la portée des engagements de la plateforme et sur le traitement des réclamations », relève de « pratiques commerciales trompeuses ».

Gérée par HomeAway France et EG Vacation Rentals Ireland Limited, la plateforme a, quant à elle, déclaré à l’AFP avoir renforcé « la communication en direction du consommateur » et a indiqué « et mieux l’alerter sur la nécessité d’utiliser l’outil de paiement mis à disposition par la plateforme, afin de sécuriser les réservations en ligne ».

Des paiements sans passer par la plateforme

Pour mémoire, la plupart des arnaques enregistrées sur les plateformes de location consistent, pour les escrocs, à demander à leurs victimes de régler un acompte, une caution ou bien encore le montant de la réservation sans passer par les services de paiement du site intermédiaire. Pour encourager les clients, ils mettent en avant l’absence de frais et donc un prix plus bas. Mais, comme le rappelle le mensuel, un paiement effectué en dehors de la plateforme n’est ni sécurisé ni remboursable. « Cette action, complémentaire de celle de certains plaignants, est susceptible de faciliter l’indemnisation des victimes de ces pratiques », espère la DGCCRF. Quelque 64 vacanciers ont déjà attaqué la plateforme.