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Entreprises : la fin des aides redoutée par les secteurs encore affectés par la crise

Le fonds de solidarité a coûté près 35 milliards d’euros depuis mars 2020 et bénéficié à plus de deux millions d’entreprises. Il doit s’éteindre le 31 août, tout comme le niveau majoré d’indemnisation du chômage partiel pour les secteurs les plus touchés par la crise.

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Crédit: iStock.

À la veille de la fin des aides d’urgence, les secteurs qui continuent d’être affectés par la crise sanitaire sont reçus à Bercy ce lundi 30 août. Ces nombreux professionnels qui redoutent l’échéance réclament une prolongation de celle-ci. Des discussions le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et les représentants de secteurs comme celui du commerce, du tourisme ou encore de l’évènementiel auront lieu lors d’une réunion qui débutera à 9h30. Il s’agira alors d’honorer la clause de revoyure qui avait été promise par le ministre.

Alors que l’économie française se porte mieux, il a annoncé la fin du « quoi qu’il en coûte » la semaine dernière, tout en promettant de continuer « à soutenir ceux qui en ont besoin ». Bruno Le Maire sera accompagné par la ministre du Travail Elisabeth Borne, le ministre des PME Alain Griset et celui du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne. A 14H30, ce sera au tour du monde de la culture. Les représentants du cinéma et du spectacle vivant, seront reçus séparément par les ministres Le Maire et Griset et leur homologue de la Culture Roselyne Bachelot.

35 milliards d’euros dépensés

Le fonds de solidarité a coûté près 35 milliards d’euros depuis mars 2020 et plus de deux millions d’entreprises ont pu en bénéficier. Si rien ne change après les discussions prévues, la fin de ces aides prendra effet le 31 août. Dans le même temps, le niveau majoré d’indemnisation du chômage partiel dans les secteurs les plus impactés par la crise s’éteindra également. Depuis la mise en place du pass sanitaire, les demandes d’aides concerne désormais d’autres secteurs que ceux qui bénéficiaient encore des aides d’urgence. Ainsi les représentants des commerçants sont aussi invités à Bercy, notamment parce que les grands centres commerciaux soumis au pass sanitaire ont subi des pertes de chiffre d’affaires, contrairement à leurs concurrents non bridés par cette contrainte.

« Nous sommes prêts à aider les secteurs qui en ont véritablement besoin, avec un dispositif forcément transitoire, très sectoriel », mais il faut « regarder quelle est la réalité des pertes par rapport à ce qui est dit », a schématisé dimanche sur Radio J le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt. Les représentants des cafés, restaurants, hôtels et discothèques ont affirmé vendredi que leur activité estivale avait reculé de 20% par rapport l’été 2019, et réclament une prolongation des aides. Selon eux, la mise en place du pass sanitaire le 9 août a provoqué une baisse d’activité chez 80% des cafetiers et restaurateurs. Les situations sont toutefois très disparates avec un gros quart des restaurateurs qui ont connu un été en croissance, avec une hausse moyenne des ventes de 20% par rapport à 2019.

Des situations disparates

Les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs ont aussi fait part d’une grande disparité de situation en leur sein. Leurs représentants ont été reçus mercredi par M. Griset, lequel prépare un plan de mesures pérennes en leur faveur qui devrait être présenté en septembre. Dans le tourisme, l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) relève « une baisse de l’ordre de 80% à 85% des activités de l’occasionnel et du tourisme par autocar en comparaison avec la période pré-Covid », selon un communiqué qui demande le maintien des aides.

Les deux principales organisations patronales interprofessionnelles, le Medef et la CPME, prennent quant à elles position en faveur de la fin des aides généralisées. De plus, ils demandent au gouvernement de faire du « cousu main ». « Un entrepreneur est fait pour vivre de ses clients, pas des aides », a déclaré à l’AFP François Asselin, président de la CPME. « Mais s’il y a des décisions prises que vous ne maîtrisez pas et qui impactent directement l’activité de votre entreprise, il est tout à fait normal que vous soyez soutenu », a-t-il nuancé.

Pour décider du maintien des aides, « il faut croiser secteurs et territoires », explique de son côté Pierre Goguet, le président de CCI France, l’organisation nationale des chambres de commerce et d’industrie. Par exemple, si l’hôtellerie a bien repris dans les principales destinations de vacances des Français, il n’en va pas de même à Paris où elle dépend beaucoup de la clientèle internationale.