Se connecter S’abonner

Télétravail : un succès auprès des salariés

Selon une étude de la CGT, une écrasante majorité de salariés veut continuer à travailler à distance, mais en étant bien encadrée.

télétravail
Crédit: iStock.

Près de 15.000 salariés ont été interrogés et le résultat est sans appel : 98% veulent poursuivre le télétravail. Cela montre sans conteste que la pandémie de Covid-19 a bouleversé les habitudes des travailleurs, surtout du secteur tertiaire. L’enquête a été menée par l’Ugict-CGT, en partenariat avec la Dares et la Drees, qui dépendent respectivement du ministère du Travail et de la Santé. Les résultats de cette vaste étude, publiés par Le Parisien le 5 septembre, montrent cependant que le télétravail doit s’accompagner d’un encadrement. En effet, ils sont une majorité à vouloir continuer à se rendre au travail et opter pour une formule mixte. Cette étude est publiée quelques jours après la décision du gouvernement de mettre fin à l’obligation faite aux entreprises de mettre en place le travail à distance au moins un jour par semaine.

Les avantages du travail à distance sont nombreux : huit sondés sur dix évoquent la réduction du temps de trajet. D’autres avantages sont pointés du doigt, notamment un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, une meilleure concentration et une autonomie plus grande. Ils sont 70% à se trouver plus efficaces et une étude de l’Insee le confirme : les gains de productivité seraient de 20 à 30%, relève le quotidien.

Un encadrement du télétravail nécessaire 

Toutefois, le télétravail doit être encadré, car deux tiers des répondants évoquent l’isolement qu’il provoque. En effet, ils sont tout de même 45% à déclarer une alerte dépressive et même 19% à présenter un syndrome dépressif. Et les managers avouent qu’ils ne détectent pas toujours cette détresse : ils sont peu, soit 8%, à être tout à fait sûrs de détecter une situation de mal-être, ou de difficulté, au sein de leur équipe. Ils sont la moitié à déclarer avoir des problèmes avec la disparition de temps informels avec leurs collègues, ce qui prouve l’importance pour eux de se retrouver régulièrement au travail. Un tiers des managers dit avoir perdu des marges de manoeuvre et que la hiérarchie les soutient moins qu’auparavant.

Autre enseignement de cette étude réalisée par la CGT, les problèmes de frontières entre vie professionnelle et vie privée. En effet, ils sont deux tiers à être sollicités pendant leurs vacances. 10% le sont systématiquement et une majorité, soit 78%, n’a pas vu son entreprise mettre en place un droit à la déconnexion, entre autres. En outre, deux tiers des personnes interrogées affirment avoir plus de pression et des objectifs plus importants en télétravail.

Enfin, elles sont 40% à dire avoir été équipées d’un écran d’ordinateur adapté, financé par leur patron. Ils sont près de sept sur 10 à dire n’avoir aucune participation de leur employeur aux frais engendrés par le télétravail. « Cette enquête démontre que le télétravail pratiqué en mode dégradé constitue une bombe à retardement. Il doit être encadré et réfléchi collectivement, a contrario de ce que les ordonnances Macron de 2017 et l’accord de novembre 2020 permettent aux employeurs », affirme Sophie Binet, co-secrétaire générale de Ugict-CGT, au Parisien.