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Ikea : le géant suédois confronté à des pénuries

Sur le site de la marque d’ameublement suédoise et en magasin, les pénuries deviennent légion, causées par la hausse de la demande mondiale de meubles et les soucis du fret maritime.

Crédit: Ikea

Les aficionados de la célébrissime marque suédoise sont bien embêtés. Et pour cause. S’ils souhaitent actuellement se procurer la fameuse étagère Billy beige (celle qui mesure 40cm de large), la chaise de bureau Markus ou bien même le lampadaire Skurup, il est très plausible qu’ils doivent renoncer. Ou en tout cas patienter. En effet, ces trois produits, qui sont des classiques de la gamme Ikea font partie de ceux qui sont en rupture de stock sur le site internet de l’enseigne, ainsi que dans plusieurs magasins de l’Hexagone, explique Le Parisien.

Dans les 34 magasins Ikea que compte la France, les ruptures de stock sont également fréquentes, suscitant tantôt l’amusement, tantôt l’agacement des internautes. La marque bleue et jaune s’excuse, en ligne, avec des messages génériques rapportés par le quotidien : « Malheureusement, le stock n’est pas disponible pour le moment, vous pouvez modifier votre commande ou essayer ultérieurement » ou encore « Désolés, nous ne sommes pas en mesure de traiter votre commande pour le moment ».

Il est vrai qu’Ikea n’est pas le seul mastodonte du secteur à subir ces ruptures de stock. Il en est de même chez ses concurrents principaux, Castorama, Leroy Merlin ou bien Conforama. Chez la marque suédoise, en dépit des investigations menées par nos confrères du Parisien, aucun chiffre ne permet d’établir la proportion d’articles impactés par ces pénuries. On leur a seulement fait savoir que le pourcentage de 10 % de produits en catalogue en rupture de stock est « faux ». La marque bleue et jaune préfère d’ailleurs évoquer un « ralentissement dans l’approvisionnement », plutôt qu’une « rupture ».

Ikea, télétravail et cocooning

Les explications de cette pénurie chez Ikea sont multiples. On peut d’abord penser à la demande mondiale de meubles croissante : « Sur nos produits, au cours des sept premiers mois de 2021 rapportés à 2019, la consommation a bondi de 8 % », confirme le secrétaire général de la Fnaem (Fédération nationale du négoce, de l’ameublement et de l’équipement de la maison), Jean-Charles Vogley au Parisien. Il serait également impossible de ne pas corréler cette hausse des commandes à la période de pandémie mondiale qui a induit le développement du télétravail. Cette nouvelle façon de travailler a, elle-même, favorisé l’achat de nouveaux meubles afin que les salariés puissent exercer leur profession avec tout le confort nécessaire.

Un porte-parole d’Ikea a confirmé, depuis la Chine, qui est un grand fournisseur de la marque, que cela « a eu un impact sur toute la chaîne de transports ». En fait, les ports congestionnés en Europe ou en Chine, ainsi qu’un nombre de conteneurs insuffisant expliquent la complexité logistique d’acheminement. Celle-ci a été d’autant plus importante à la fin du mois de mars alors qu’une centaine de conteneurs de la marque se trouvaient sur l’Ever Given, le paquebot bloqué dans le canal de Suez (Egypte). L’enseigne, dont Le Parisien se fait l’écho, reconnaît que cela avait créé un « déséquilibre sur le marché du fret maritime ».

Les matières premières manquent

Mais ce n’est pas la seule raison. En effet, cette demande massive de meubles ne peut être comblée puisqu’elle intervient également à une période où les matières premières viennent à manquer. Bois, plastique ou métal se font rares et, en toute logique, les prix de ceux-ci explosent. Le retour à la normale de ces coûts interviendra, dans le meilleur des cas, en janvier 2022. Jean-Yves Vogley, dans des propos relayés par Le Parisien, détaille que « Toutes les enseignes sont concernées puisque les matériaux en tension sont les panneaux de particules, les mousses (utilisées pour les sièges ou la literie) ou encore certains plastiques ».

Malgré ces pénuries qui interviennent à un niveau mondial, Ikea tente de s’adapter en trouvant des solutions calquées sur les habitudes des consommateurs : « Sur certains produits notamment, nous avons par exemple concentré les couleurs », examine un porte-parole. En ce qui concerne le secteur de l’ameublement, le secrétaire général de la Fnaem reste optimiste. Selon lui, si on le compare à celui du jouet « qui a une forte saisonnalité », il n’y a pas la même urgence temporelle. Avec un peu d’ingéniosité ou de patience le consommateur obtient toujours gain de cause.