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Pouvoir d’achat : un bilan positif affiché par l’exécutif

Pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron, le pouvoir d’achat a progressé deux fois plus que lors des mandats de Nicolas Sarkozy et François Hollande, selon les données budgétaires du gouvernement, consultées par les Echos.

Crédit : iStock.

Le pouvoir d’achat des Français sera probablement une question incontournable dans la campagne présidentielle qui s’amorce déjà en vue de l’échéance électorale de 2022. Emmanuel Macron et son gouvernement l’ont bien compris. Ils comptent bien faire valoir leur action politique entamée dès l’élection de 2017, assurant que le pouvoir d’achat « a progressé deux fois plus vite entre 2017 et 2022 que sous les deux quinquennats précédents », avec « un gain plus marqué pour les revenus les plus modestes », relaient Les Échos, lundi 4 octobre 2021. Le quotidien est parvenu à consulter une copie d’un document attaché au projet de loi de finances pour 2022 (le rapport économique, social et financier).

La période de crise sanitaire qui s’achève progressivement et qui laisse entrevoir des hausses des prix dans des secteurs comme celui de l’énergie renforce d’ailleurs cette prégnance du pouvoir d’achat dans l’esprit des Français, estime le baromètre PrésiTrack Opinion Way pour « Les Echos ». Mais l’exécutif peine cependant à convaincre la population française de cette embellie du pouvoir d’achat, tant elle a le sentiment que son portefeuille s’est allégé depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Des chiffres pour illustrer

En clair, le revenu disponible brut des Français devrait évoluer en 2021 (+2,2 %) et conserver son orientation en 2022 (+1 %) grâce à la forte reprise, selon les prévisions gouvernementales. Aussi, l’ensemble du quinquennat aurait permis au revenu des ménages de croître de 8% entre 2017 et 2022, en tenant compte de l’inflation. Des chiffres « près de deux fois plus fort que sur la période 2013-2017 (+4 %) et deux fois plus fort que sur la période 2008-2012 (+3,5%) », est-il écrit dans le document que nos confrères sont parvenus à se procurer.

Et le gouvernement a tenu à prouver que « tout le monde y gagne, notamment les plus modestes », souhaitant probablement s’affranchir de l’image de ‘président des riches’ qui suit Emmanuel Macron depuis son élection. Pour rappel, les mesures fiscales engagées depuis 2017 par le Président avaient provoqué une crise politique et sociale, celle des Gilets jaunes, amenant l’exécutif à revoir sa copie. La direction du Trésor, étudiant les données de chaque agrégat de ce quinquennat, a ainsi calculé l’ensemble des mesures prises depuis 2017, en y incluant les pires scénarios « pour ne pas être accusé de manipulation », selon l’Elysée.

La hausse la plus forte concerne les ménages les plus modestes

La croissance du pouvoir d’achat serait supérieure à au moins 1,8 % pour toute la population. La hausse la plus forte – de 4 % – concernerait les 10 % de ménages les plus modestes. Il s’agit, en jargon de statisticien, du premier décile, le dernier décile représentant les 10 % de Français les plus riches. Les deux premiers déciles ont d’ailleurs pu obtenir des revalorisations de prestations (AAH, minimum vieillesse, chèque énergie…) et une augmentation de la prime d’activités.

Entre le troisième et le septième décile, la hausse du niveau de vie varierait entre +1,9 % et +2,3 %, et la suppression de la taxe d’habitation aurait eu un impact important. Parmi les 30 % de ménages les plus aisés, les gains seraient quasi similaires. Leur progression s’annonce à +2 % seulement pour les 10 % de Français les plus riches en dépit de la « flat tax » ou la suppression de l’ISF.