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Economie : le système de protection sociale du quinquennat d’Emmanuel Macron décortiqué

L’institut de la protection sociale (IPS) dresse le bilan social du président sortant Emmanuel Macron à l’approche de la présidentielle de 2022, parlant d’une « nationalisation accélérée de notre système ».

Crédit : LUDOVIC MARIN-POOL/SIPA/1812102044

C’est pour éclairer l’électeur qu’un groupe de réflexion publie un rapport le jeudi 28 octobre sur la politique sociale menée par le président de la République, Emmanuel Macron, ces cinq dernières années. « Les questions relatives à la retraite, à l’assurance maladie ou encore au financement de la protection sociale comptent parmi les sujets essentiels mis en avant par les candidats », affirme en préambule l’Institut de la protection sociale (IPS). A quelques mois de l’élection présidentielle de 2022, le think tank s’est attaché à dresser un bilan, décortiquant les mesures annoncées pendant la campagne en 2017, celles qui n’avaient pas été annoncées mais qui ont été adoptées, et enfin les pistes décidées ces derniers mois avant l’échéance électorale. « De nombreux engagements ont été tenus et la loi Pacte va dans le sens d’un dispositif mieux adapté… Mais indéniablement, la ligne directrice du quinquennat se caractérise par une nationalisation accélérée de notre système de protection sociale », résume Bruno Chrétien, président de l’IPS.

Le chantier le plus applaudi par l’institut est donc la réforme de la retraite supplémentaire et de l’épargne salariale, appliquées dans la loi Pacte de 2019, parlant même de « réussite incontestable ». Ces mesures ne faisaient pas partie du programme de 2017 et elles ont donné lieu à la commercialisation, avec succès, des Plans d’épargne retraite (PER). L’IPS note que la plupart des mesures annoncées par le candidat Macron il y a cinq ans ont été appliquées avec succès : la réduction du coût du travail en fait partie, comme l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs ou encore le rétablissement des exonérations des cotisations sociales sur les heures supplémentaires. A l’inverse, les promesses de réforme du système des retraites n’ont pas été tenues : il s’agissait entre autres de « mettre fin aux injustices de notre système de retraites, de ne pas toucher à l’âge légal de départ, ni au niveau des pensions ». Des mesures phares qui sont au cœur d’une réforme « bien trop ambitieuse » pour l’institut. En revanche, Emmanuel Macron a fait augmenter le minimum vieillesse de 100 euros par mois, une mesure phare annoncée et appliquée. 

Résultats mitigés 

D’autres secteurs ont été évalués par l’IPS, comme la santé, le chômage ou encore la protection sociale des indépendants, avec des résultats plus ou moins positifs. L’IPS parle par exemple de réformes « en trompe-l’œil  » au sujet des indépendants, qui ont désormais le droit à l’assurance-chômage, ou encore d’une réussite mitigée de la mise en place du 100% Santé, qui « n’enraye pas le déclin de notre système de santé qui paraît bien loin – malgré d’incontestables réussites – de l’image du ‘meilleur système de santé au monde’ que nous avons encore à l’esprit », écrit Bruno Chrétien.

Pour l’institut, les mesures et projets du quinquennat d’Emmanuel Macron s’inscrivent dans la continuité du plan lancé en 1995 par le Premier ministre de l’époque, Alain Juppé, « visant à confier toutes les clés du pilotage du système de protection sociale à l’Etat ». Le projet de retraite universelle, celui de grande sécurité sociale, ou encore le recouvrement des cotisations des caisses de retraite complémentaire par l’Urssaf sont autant de mesures qui montrent que la présidence d’Emmanuel Macron a poursuivi « la nationalisation de notre système », écartant les partenaires sociaux et le marché de pans entiers de la protection sociale, conclut l’IPS.