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Boiser un terrain pour en tirer des revenus : un bon plan ?

Grâce à un terrain inexploité, vous pourriez dégager des revenus issus de la vente du bois… à condition d’y planter des paulownias, comme le conseillent certaines sociétés. Détails.

Crédit: iStock.

La demande pour le bois est actuellement en plein boom, notamment de la part du bâtiment. En cause : les pénuries mondiales de matériaux mais aussi les normes environnementales. A partir de 2022, toutes les nouvelles constructions devront en effet intégrer du bois. Il peut donc être tentant de profiter de la tendance. Certaines sociétés commencent à vendre des offres sous forme de contrats de plantation comme Arbrepaulownia.fr ou Paulowniaplant.com. Une manière de rentabiliser un terrain.

Quel est le principe ?

Si vous avez un terrain inexploité, avec au minimum une surface de 1 ha, ces sociétés vous proposent de le boiser avec des plants de paulownia afin de le rentabiliser. Cette espèce été choisie car elle pousse rapidement, permettant ainsi une exploitation dès la 5e année après la plantation, mais dans l’idéal mieux vaut attendre la 7e ou 8e année. A ce moment-là, la société rachète le bois au prix fixé à l’entrée. Arbrepaulownia garantissait ainsi en 2020 un prix de rachat moyen de 140 euros/m3 et Paulowniaplant de 90 €/m3. Le bois est vendu à des sociétés partenaires (pour la fabrication de meubles ou l’utilisation dans le bâtiment par exemple).

Autre argument de vente : l’effet sur l’environnement. Le paulownia absorbe, selon Arbrepaulownia, 10 fois plus de C02 et produit 4 fois plus d’oxygène que d’autres arbres.

Enfin, le paulownia offre l’avantage de pouvoir être planté quasiment partout en France que ce soit en fonction du climat ou de la qualité du sol.

Quelle rentabilité ?

L’investissement de départ est conséquent. Si le prix des plants n’est pas très élevé – de 5,50 à 7 euros le plant, sachant qu’il faut planter de 600 à 800 plants sur 1 ha –, il faut prévoir des frais lourds. Notamment la première année, la plus difficile car il s’agit de la phase d’amorçage de la plantation : le matériel, l’entretien, le système d’irrigation…

Les simulations fournies par les sociétés donnent une idée du retour sur investissement que l’on peut attendre sur un cycle de sept ans :

  • Frais d’installation (plants) : 4 800 € (1)
  • Système d’irrigation et eau : 5 500 €
  • Entretien et matériel : 6 200 €
  • Imprévus : 1 500 €
  • Soit : 18 000 €
  • Production moyenne de bois : 1 m3 par arbre
  • Prix d’achat moyen du bois (en 2020) : 140 €/m3
  • Chiffre d’affaires de la vente : 87 500 € HT

Simulation fournie par Arbrepaulownia, pour 625 paulownias (variété NordMax21) plantés sur 1 ha, sur un cycle de huit à dix ans.

Les chiffres sont similaires pour Paulowniaplant, avec par exemple un chiffre d’affaires de 65 000 € HT sur dix ans.

Est-ce intéressant de boiser un terrain ?

Ce type d’offre peut intéresser les personnes disposant d’un terrain vierge et qui s’interrogent sur la façon de l’exploiter, par exemple en y installant des éoliennes. L’intérêt majeur est de pouvoir obtenir rapidement des gains, l’espèce choisie (le paulownia) pouvant être exploité rapidement. La garantie de rachat est de plus sécurisante. Pour autant, il faut être conscient d’un certain nombre de contraintes ou bémols.

D’abord, l’investissement de départ est élevé, il faut disposer de l’équipement nécessaire (irrigation…) et s’impliquer de manière importante : le propriétaire doit assurer lui-même la plantation, l’entretien ainsi que la coupe.

Ensuite, il n’y a pas d’avantage fiscal à l’entrée. La réduction d’impôt sur le revenu de 18 % de l’investissement ne joue pas (5 700 euros pour un célibataire et 11 400 euros pour un couple marié), puisqu’il n’y a pas d’acquisition de terrain. En revanche, les revenus tirés de la vente ne sont pas taxés. Enfin, le rendement n’est pas garanti, il dépend des conditions locales spécifiques et du prix d’achat du bois fixé annuellement….


Pour ceux qui ne veulent pas passer leur temps sur leurs plantations, il existe d’autres solutions comme les GFF (groupements fonciers forestiers) ou l’offre d’acteurs comme EcoTree  Dans le premier cas, le particulier achète des parts ; dans le second, des arbres, avec notamment des formules d’abonnement (de 19 à 57 euros/mois). Les GFF permettent d’obtenir l’avantage fiscal à condition de rester investi cinq ans au minimum. Pour EcoTree, le gain moyen espéré (obtenu quand les arbres seront exploités à très long terme) est de 2 %.