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EDF : le fournisseur ne coupera plus l’électricité des particuliers en cas d’impayés

EDF ne demandera plus la coupure d’électricité des particuliers qui ne payent pas, et ce toute l’année, alors que jusqu’à présent, seule la trêve hivernale le permettait. Cette mesure était réclamée par les associations de lutte contre la précarité.

Linky
Un compteur electrique Linky de chez Enedis et des facture Edf et Engie Le Mans Sarthe France 23 Fevrier 2019//07GILEMICHEL_10194332/1902271029/Credit:GILE MICHEL/SIPA/1902271035

La trêve hivernale ne sera plus délimitée et durera toute l’année. Au lieu de couper l’électricité aux particuliers qui ne payent plus, EDF limitera la puissance à 1 kVA à compter du 1er avril 2022. Ainsi, il sera toujours possible de faire fonctionner les appareils essentiels au quotidien comme le réfrigérateur ou les appareils électriques, a précisé vendredi dans un communiqué EDF, détenu à près de 84% par l’Etat.

« Mais le reste, le chauffage par exemple, ne fonctionne plus », a souligné Marc Benayoun, directeur clients, services et territoires d’EDF dans Le Parisien. Cette mesure « s’appliquera dans tous les cas, sauf s’il existe une impossibilité physique ou technique de limiter la puissance de l’alimentation électrique du logement », a ajouté l’entreprise. Manuel Domergue, de la Fondation Abbé Pierre, a salué une « grande nouvelle ». « Des millions de ménages en difficulté ne vivront plus avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête! », a-t-il souligné sur Twitter.

Cette annonce intervient aussi deux jours après que le Médiateur national de l’énergie a pris position pour un droit d’accès minimal à l’électricité pour les foyers les plus précaires, et alors que les prix de l’énergie ont flambé au cours des derniers mois sur fond de reprise économique mondiale. « Sans électricité, pas de lumière, pas de chauffage, pas d’accès à internet, ni au téléphone. Il n’est pas acceptable, dans un pays comme la France, que des foyers puissent se retrouver dans une telle situation de précarité et de pauvreté », avait plaidé Olivier Challan Belval.

Entre 200.000 et 300.000 foyers privés d’électricité chaque année

Chaque année, entre 200.000 et 300.000 foyers voient leur alimentation coupée en raison d’un impayé, selon le Médiateur. Le 1er novembre a marqué le début de la trêve hivernale des coupures d’électricité et de gaz naturel pour 5 mois mais les fournisseurs pourront de nouveau faire couper l’énergie des foyers en situation d’impayés à partir du 1er avril prochain. L’an dernier, la trêve avait été prolongée de trois mois en raison de la crise du Covid-19, ce qui avait permis de limiter les procédures pour impayés.

En France, le gouvernement a récemment annoncé des mesures face à la hausse des cours de l’énergie, qui touche l’Europe entière : un chèque de 100 euros supplémentaires pour les ménages précaires, gel de l’augmentation du prix du gaz et limitation de celle du tarif de l’électricité. Les tarifs réglementés de l’électricité doivent augmenter de l’ordre de 4% en début d’année prochaine, mais auraient pu même bondir de quelque 12% sans cette intervention.

À part EDF, qu’envisagent les autres fournisseurs ?

Dans son communiqué, EDF souligne qu’il privilégie déjà, depuis quelques années, la limitation de puissance à la demande de coupure d’électricité. Selon lui, ce choix a permis de réduire d’un tiers le nombre de coupures en cinq ans. Mais le groupe, s’il domine le marché de l’électricité, n’est pas le seul fournisseur et d’autres grands concurrents comme Engie ou TotalEnergies n’ont pour l’instant pas annoncé avoir mis fin à la pratique des coupures. La décision d’EDF ne s’applique par ailleurs qu’à l’électricité et non au gaz, car il n’est pas possible pour ce dernier de maintenir un service minimum : l’accès est soit ouvert, soit fermé, mais ne peut être réduit.

Dans tous les cas, le fournisseur doit alerter le consommateur avant toute intervention pour impayés. « Il est donc important pour le consommateur de se manifester dès la réception d’un courrier ou mail de relance » et de convenir d’un « échéancier de paiement », rappelle le Médiateur, qui conseille d’alerter les services sociaux en cas de difficulté à payer.