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Economie : les sénateurs devraient rejeter le dernier projet de budget

Pour les sénateurs de droite, le dernier projet présenté est un « budget de campagne électorale inquiétant pour l’avenir », dénonce Gérard Larcher, le président les Républicains de la Haute assemblée.

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Crédit: iStock.

Le dernier projet de budget du quinquennat d’Emmanuel Macron devrait être rejeté par le Sénat mardi 23 novembre. Pour Gérard Larcher, le président LR de la Haute assemblée il s’agit d’un « budget de campagne électorale inquiétant pour l’avenir ». Même si les sénateurs rejettent le texte, le projet de loi de finances pour 2022 devrait être définitivement adopté d’ici Noël. Le Sénat doit se prononcer mardi après-midi en première lecture sur la partie « recettes » du projet de budget. Logiquement, le vote de ce premier volet conditionne l’accès à la partie « dépenses » qui distribue les différents crédits par « missions » : justice, sécurité, défense, éducation, culture, agriculture, etc.

Si les sénateurs ne votent pas la partie « recettes », ils ne pourront débattre sur l’affectation des dépenses. Le projet de budget repartira à l’Assemblée nationale dans sa version adoptée en première lecture. Les députés l’examineront à nouveau le 10 décembre. Pour le président du Sénat, Gérard Larcher, il n’est « pas responsable » de voter « 300 milliards de recettes pour 455 milliards de dépenses », soit un déficit de 155 milliards d’euros. Le dernier article du premier volet budgétaire, appelé article « d’équilibre », qui consacre ce solde négatif, devrait être rejeté par les sénateurs, particulièrement ceux du groupe Les Républicains. Ensuite, les sénateurs devraient rejeter le projet de budget sur l’ensemble de la partie « recettes ».

« La messe est dite » 

Il s’agit « simplement d’attirer l’attention de nos compatriotes sur la situation financière et budgétaire du pays », signale Gerard Larcher, se défendant d’un coup politique. De leurs côtés, les sénateurs centristes ne prendront pas part au vote, faisant partie de la majorité sénatoriale avec LR. « La messe est dite », constatait mardi matin le patron des sénateurs centristes, Hervé Marseille. La gauche votera aussi contre le texte, pour marquer leur désapprobation du texte, y compris le groupe PS, qui s’abstenait les années précédentes. Droite et gauche partagent le constat d’un budget « électoraliste », à cinq mois de la présidentielle, qui fait peu de cas du Parlement.

Le déficit du PIB serait porté à 5% en 2022. Entre la présentation du projet de budget et la fin de son examen en première lecture à l’Assemblée nationale, 11,8 milliards de dépenses supplémentaires ont été ajoutées. « Qu’en serait-il à la sortie du Sénat, puisque les 40 annonces des trois derniers mois se montent à 25 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour 2022 et 65 milliards sur le prochain quinquennat ? », s’est interrogée la sénatrice LR, Christine Lavarde. « La droite refuse l’obstacle », tacle le président du groupe écologiste Guillaume Gontard.

Par ailleurs, les sénateurs ont notamment approuvé le « bouclier tarifaire » du gouvernement, soit le gel des tarifs réglementés du gaz et la limitation à 4% du tarif réglementé de l’électricité, ou encore la défiscalisation des pourboires versés par carte bancaire en 2022 et 2023, notamment pour les salariés de l’hôtellerie et la restauration, en supprimant le plafond du montant de rémunération.