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Emploi : plus d’un jeune sur trois est victime de discrimination au travail

Un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour la défenseure des droits alerte sur la discrimination perçue par les 18-34 ans dans le monde du travail.

Crédit : iStock.

Les jeunes sont plus d’un tiers à avoir vécu une situation discriminatoire ou de harcèlement dans l’emploi, que ce soit dans le cadre de leur recherche ou de leur carrière. Ils sont un sur cinq en population générale. Ce sont les résultats du 14e baromètre de la perception des discriminations dans l’emploi, publiés le 7 décembre, obtenus par l’Organisation internationale du travail (OIT) pour la défenseure des droits, Claire Hédon. L’OIT a interrogé des actifs de 18 à 34 ans, soit 3.201 personnes. Ainsi, un jeune sur deux affirme avoir été témoin d’une situation de discrimination au moins une fois dans le cadre de son activité professionnelle. Ils sont aussi la moitié (54%) à avoir « déjà fait l’objet de propos déplacés ou de remarques désobligeantes lors de l’entretien d’embauche », précise le rapport.

Le critère de discrimination que les jeunes citent en premier est l’origine ethnique : 68% des sondés estiment que les personnes sont souvent discriminées en raison de leur couleur de peau ou de leur nationalité. Ils sont 63% à penser que la discrimination vise leur apparence physique, 61% leur identité de genre, 60% leur orientation sexuelle, 54% leur état de santé ou le handicap et, enfin, 57% à penser que la discrimination se focalise sur leur religion. 

Faire pression

Les 18-34 ans se sentent particulièrement exposés à des « micro-agressions », précise le communiqué publié par la défenseure des droits, Claire Hédon. L’employeur peut ainsi faire pression sur l’employé de manière illicite pour l’obtention d’un poste ou d’une promotion. Par exemple, 46% des jeunes interrogés disent avoir été déjà incités à modifier leur apparence ou à adopter un certain comportement, relève le rapport. De plus, une large majorité, soit 90% d’entre eux, déclare avoir déjà connu une situation de dévalorisation au cours de leur carrière. Les situations évoquées sont la sous-estimation de leurs compétences, la mise sous pression pour en faire toujours plus et, enfin, le fait de se voir confier des tâches inutiles et ingrates. 

Alertent-ils les personnes compétentes en cas de discrimination ? Pas tous. Seulement un peu plus de la moitié (58%) a entrepris des démarches à la suite des faits commis, soit en alertant la direction ou l’encadrement (20%) ou encore les syndicats et les représentants du personnel (17%). D’autres ont pris contact avec le défenseur des droits (12%), l’inspection du travail (11%) et, enfin, certains ont contacté un avocat ou une association (10%) et ont engagé une procédure contentieuse (11%). Plus de quatre jeunes sur dix n’ont rien dit, principalement des femmes. Si certaines victimes pensent que cela n’aurait rien changé (50%) ou disent avoir eu peur de représailles (26%), certaines réalisent n’avoir pas eu conscience qu’il s’agissait d’une discrimination, dans près d’un cas sur quatre (24%). 

Non seulement les jeunes estiment être discriminés dans des situations d’emploi, mais aussi au quotidien, lors d’un contrôle de police, de la recherche d’un logement ou d’un crédit, par exemple. Les actes discriminatoires peuvent revêtir plusieurs formes, être des propos ou des comportements stigmatisants, ou bien des situations diverses de dévalorisation, menant à un harcèlement discriminatoire.