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Electricité : le gouvernement peine à contenir la flambée des prix

Dans un contexte de flambée des prix de l’électricité, la promesse de contenir la hausse à +4% relève du casse-tête pour le gouvernement. Reste que pour y parvenir avant fin janvier, l’exécutif cherche des solutions… quitte à contraindre EDF à brader les prix.

Crédit: iStock.

A quelle sauce les Français vont-ils être mangés le 1er février prochain ? Car c’est à cette date précisément que le gouvernement annoncera la hausse des prix de l’électricité. Et si le Premier ministre, Jean Castex, avait promis en septembre dernier de limiter cette augmentation à +4% dans le cadre de son bouclier tarifaire (via la fiscalité, autrement dit une baisse de la TICFE, taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité), le prix de l’électricité continue depuis l’été dernier sa surenchère sans précédent sur le marché de gros européen.

Résultat des comptes : après une hausse attendue de +15%, Le Parisien révèle ce mardi 11 janvier que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) présente une révision de ses calculs prévisionnels. Désormais, la hausse se situerait entre 30 et 40%. Une fourchette que ne nie d’ailleurs pas l’exécutif. Hier, lundi 10 janvier, sur le plateau de LCI, le ministre de l’ Economie évoquait même une augmentation de 38 à 40%… tout en promettant à son tour que les négociations étaient encore en cours pour épargner le pouvoir d’achat des Français et maintenir la hausse à 4%.

Jouer la carte EDF

Si l’équation se complique pour le gouvernement, la CRE s’emploie déjà à la tâche pour atteindre ces fameux 4%. Selon Le Parisien, la solution de la commission est de baisser le nombre de jours sur lesquels on se base pour calculer les prix, ce qui pourrait limiter l’augmentation à 12,6%. Un chiffre plus proche de la promesse gouvernementale mais encore loin du résultat escompté.

Alors, pour se rapprocher du graal, des concertations sont prévues pour aboutir à la fin de la semaine à une solution définitive. Avec, en ligne de mire, la possibilité qu’EDF, dont l’Etat est l’actionnaire principal, augmente son volume d’électricité nucléaire pour le vendre à ses concurrents à un prix nettement plus faible que celui du marché (42 euros par MWh au lieu de 250 à 300 euros). Une solution contraignante pour EDF qui permettrait en contrepartie à la concurrence de pratiquer des tarifs plus attractifs aux Français. Reste que si c’est vers cette solution que s’oriente le gouvernement, rien ne dit que les opérateurs alternatifs répercuteront les économies réalisées sur leurs tarifs. C’est en tout cas ce que constate l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) dans un communiqué publié ce mardi 11 janvier : « Pendant le 1er trimestre, les alternatifs peuvent revendre sur le marché de gros le droit au nucléaire qu’ils ont obtenu à un prix régulé. L’abonné au tarif réglementé va donc peut-être subir une hausse de tarif en partie injustifiée à cause d’une règle qui incite à spéculer. »