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Aides d’urgence aux entreprises : la fraude s’élève à 174 millions d’euros 

Du fonds de solidarité à l’activité partielle, de nombreuses aides aux entreprises ont été mises en place depuis le début de la pandémie.

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Crédit: iStock.

Face à la crise sanitaire, le gouvernement a multiplié les aides de soutien pour les entreprises fragilisées. Depuis le début de la pandémie, elles représentent environ 40 milliards d’euros pour le fonds de solidarité et près de 36 milliards d’euros pour l’activité partielle, révèle Le Parisien, vendredi 21 janvier. Inévitablement, ces aides ont suscité l’intérêt des escrocs. « Nous sommes donc extrêmement vigilants à éviter les fraudes et nous effectuons des contrôles avant et après le versement », explique dans le quotidien le ministre chargé du Budget, Olivier Dussopt. 

Depuis le lancement du fonds de solidarité, 74.000 versements qui n’avaient pas lieu d’être, avec ou non une intention de frauder, ont été détectés par les services de l’Etat. « Parfois, des demandeurs ont rempli des questionnaires de bonne foi, avec des erreurs que nos filtres n’avaient pas repérées : dans ce cas-là, nous proposons des corrections, demandons le remboursement et nous discutons avec les bénéficiaires pour voir comment le paiement peut être étalé si c’est nécessaire », précise le ministre. 

8.000 dossiers suspects

Parmi ces 74.000 versements, 8.000 dossiers ont, en revanche, été identifiés comme suspects. Au total, le montant des fraudes s’élève à 174,2 millions d’euros. « Ce contrôle a particulièrement ciblé les entreprises ayant perçu des aides pour un montant supérieur au chiffre d’affaires qu’elles avaient déclaré l’année précédente. C’était en effet pour nous un indice pouvant indiquer qu’il y avait eu un indu », détaille dans Le Parisien, Olivier Dussopt. Près de 2.500 plaintes ont été déposées auprès de la Justice.

Par ailleurs, depuis 2020, 2,5 millions de demandes ont été écartées pour le fonds de solidarités et les dispositifs analogues, avant le versement. « Cela ne veut pas dire que 2,5 millions d’entreprises ont cherché à frauder : certaines sont dues à des erreurs dans les critères d’éligibilité tandis que d’autres sont réellement animées d’une intention de frauder. Quoi qu’il en soit, si nous avions versé ces aides d’urgence sans les contrôler en amont, nous aurions perdu 10 milliards d’euros depuis 2020 », conclut le ministre chargé du Budget.