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Prix des carburants : vers une aide ciblée ?

Pour compenser la hausse des prix des carburants, Bercy réfléchirait à plusieurs options parmi lesquelles une compensation de cette flambée par une réduction d’impôts liés aux frais professionnels.

carburants
Les prix des carburants vendus dans les stations-service françaises ont reculé la semaine dernière.

Voilà déjà plusieurs semaines que les prix des carburants affolent les compteurs de la pompe. Qu’il s’agisse du gazole, du SP98 ou du SP95, tous sont vendus à des tarifs plus élevés que la période d’avant-pandémie début 2020 ou encore qu’au pic de la crise des Gilets jaunes fin 2018. Pour affronter cette hausse, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a soufflé l’idée de nouvelles mesures pour aider les Français à régler la facture.

Première idée avancée par Bercy, que Le Figaro a contacté, celle d’une relève du forfait kilométrique. Cette option serait d’ailleurs déjà à l’étude. Néanmoins, Matignon et l’Élysée devront donner leur feu vert d’ici quelques jours. Une décision qui devrait intervenir rapidement au regard de l’échéance de début février qui prévoit, chaque année, de maintenir ou de modifier le barème kilométrique. En fait, si ce dernier est rehaussé, cela permettra aux 2,5 millions de Français qui déclarent leurs frais professionnels réels dans leur déclaration de revenus de déclarer des frais de carburant plus importants. Ainsi, pour compenser la hausse du plein, ces Français pourront bénéficier d’une déduction fiscale plus importante. Et ils payeront moins d’impôts.

Une aide ciblée pour faire face à la hausse des prix des carburants

En faisant le choix d’augmenter le forfait kilométrique, Bercy s’oriente vers une mesure très ciblée. Celle-ci a pour vocation de venir en aide à « ceux qui doivent prendre leur véhicule pour aller travailler », comme l’avait évoqué Bruno Le Maire lundi 24 janvier sur Franceinfo. Parmi les proches du ministre, on évoque un simple « geste ». Traduction : il ne s’agira pas d’une aide aussi importante que celle qu’a pu être l’indemnité inflation. Le ministère de l’Economie a d’ailleurs affirmé ne pas avoir évalué le coût d’une hausse du forfait kilométrique. Il estime toutefois que cette mesure est raisonnable sur le plan financier.

« On ne peut pas faire de dépenses excessives. Entre le chèque énergie, l’indemnité inflation, le blocage du prix du gaz et la baisse des recettes sur la TICFE (taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité), l’État a déjà dépensé plus de 15 milliards d’euros pour contenir la hausse du prix de l’énergie », avance, auprès du Figaro un proche de Bruno Le Maire qui tente de justifier le non-recours à des mesures autres qui pourraient être bien plus coûteuses pour l’Etat, à l’image de la baisse des taxes sur le carburant.

Demander aux entreprises de prendre davantage de dépenses de carburants des salariés qui utilisent leurs véhicules personnels pour travailler ? C’était en tout cas une idée avancée à l’automne dernier par Valérie Pécresse. Mais le gouvernement ne l’envisage pas. « Les entreprises subissent déjà la hausse du carburant dans leurs coûts. On ne va pas encore alourdir leur fardeau », a répondu Bercy.