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Présidentielle : le pouvoir d’achat en haut de l’affiche

Il a beaucoup été question du pouvoir d’achat des Français, jeudi 27 janvier. Quant à la favorite de la Primaire populaire, Christiane Taubira, elle a tenu sa première réunion publique à Bordeaux.

Pouvoir d'achat
Crédit : iStock.

Le pouvoir d’achat est plus que jamais au centre de la campagne présidentielle : plusieurs candidats de gauche descendent dans la rue jeudi avec les manifestants dans toute la France, réclamant des hausses de salaire. A Bordeaux, Christiane Taubira, favorite de la Primaire populaire qui se tient jusqu’à dimanche, se lance et tient sa première réunion publique. Après les questions identitaires à l’automne, puis la gestion de la crise du Covid, le pouvoir d’achat revient en force. C’est le thème qui comptera le plus dans le choix des électeurs à la présidentielle (54%, +9) selon un dernier sondage Elabe pour BFMTV/L’Express/SFR.

Si tous les candidats s’autoproclament champions en la matière, les représentants de la gauche, pour l’instant très divisée et loin d’une qualification pour le second tour, espèrent bien faire entendre leurs voix sur une problématique porteuse à 73 jours du premier tour et face au président Emmanuel Macron, favori des sondages mais qui ne s’est toujours pas déclaré. Le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat de la gauche le plus haut dans les intentions de vote autour de 10%, devait donner un point de presse à 14h00 en marge du cortège parisien. Le communiste Fabien Roussel et l’écologiste Yannick Jadot étaient également présents parmi les manifestants parisiens. La candidate socialiste Anne Hidalgo, à la peine dans les sondages, était pour sa part en Mayenne.

Thématique en progression constante

A droite, Valérie Pécresse retravaille les modalités de sa proposition visant à augmenter de 10% les salaires nets du privé allant jusqu’à 2,2 Smic. « L’objectif reste le même, il peut y avoir des ajustements qui s’opèrent sur les modalités », mais « nous assumons toujours intégralement notre objectif d’augmentation de 10% des salaires nets hors inflation d’ici les cinq prochaines années », a affirmé lors d’une conférence de presse Geoffroy Didier, chargé de la communication de la candidate Les Républicains (LR).

Selon l’enquête d’Elabe, le pouvoir d’achat est en progression constante depuis juin 2021 (de 33% au 29 juin à 54% aujourd’hui, soit +21 points). Il devance la santé (33%, +1), la sécurité (27%, -2) et l’environnement (24%, +2). Cette thématique progresse dans toutes les catégories de population et de manière « particulièrement forte » chez les professions intermédiaires (63%, +13) et chez les électeurs de 2017 de l’ancien candidat de droite de François Fillon (54%, +24), selon l’étude.

Face à la flambée du prix des carburants – un sujet particulièrement sensible depuis la crise des « gilets jaunes » – l’exécutif multiplie les nouveaux « amortisseurs ». Le pouvoir distribue des chèques « anti-inflation » de 100 euros à 38 millions de Français et vient de relever de 10% le barème de l’indemnité kilométrique pour les frais professionnels, après avoir bloqué ou freiné les prix du gaz et de l’électricité.

Sur internet, près d’un demi-million d’inscrits à la Primaire populaire commencent jeudi à voter pour choisir leur champion à la présidentielle, parmi sept candidats de gauche dont plusieurs refusent d’avance de reconnaître le résultat de cette consultation inédite.

 Taubira « confiante »

L’ex-Garde des Sceaux Christiane Taubira (autour de 5% dans les sondages), en meeting à Bordeaux jeudi, dans le quartier des Chartrons, se dit « confiante » en abordant ce scrutin. Elle a promis de se plier à son résultat, à l’inverse de ses trois principaux concurrents, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo. Et espère bien en cas de victoire – résultat dimanche soir – rassembler derrière elle une partie de la gauche pour créer une dynamique la portant jusqu’au second tour.

A l’heure actuelle, les sondeurs donnent derrière Emmanuel Macron (autour de 25%) la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, et celles des Républicains, Valérie Pécresse, dans un mouchoir de poche entre 16 et 18%, suivi de loin par Eric Zemmour. En attendant une hypothétique candidature unique à gauche, c’est presque à qui aura le mot le plus dur contre cette primaire citoyenne : « une farce » (Jean-Luc Mélenchon), une « machine à perdre » (Yannick Jadot), « une démarche qui ne crée aucune obligation » (Anne Hidalgo).

Le processus est « intéressant, sympathique, mais moi je continue mon chemin », a encore répété la socialiste jeudi matin sur BFMTV et RMC. A droite, Eric Zemmour débattait en soirée avec Jean-Luc Mélenchon sur la chaîne C8, Marine Le Pen était avec les chefs d’entreprise d’Ethic (Entreprises de Taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et Valérie Pécresse au Mémorial de la Shoah pour l’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.