Se connecter S’abonner

Scandale Orpea : le gouvernement ouvre deux enquêtes contre le groupe

Avant de recevoir les dirigeants d’Orpea, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, chargée de l’Autonomie, a annoncé sur France Inter l’ouverture de deux enquêtes contre le groupe soupçonné de maltraitance dans ses Ehpad.

Ehpad
ALCALAYSARAH_1300.1176/Credit:Dicom/Sarah ALCALAY/SIPA/1901111738

Le gouvernement ouvre deux enquêtes conjointes sur le groupe Orpea après la parution d’un livre-enquête intitulé Les Fossoyeurs, dans laquelle il est accusé de maltraitance dans ses Ehpad. L’une sera confiée à l’Inspection générale des affaires sociales et l’autre à l’Inspection générale des finances. L’information a été donnée par la ministre de chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, mardi 1er février sur France Inter. « C’est une première, parce qu’il faut taper fort, pour bien montrer qu’on ne fait pas n’importe quoi dans ce pays, dans une activité lucrative mais qui ne doit pas être lucrative au détriment de la bien-traitance », a développé la ministre.

D’ailleurs, elle n’entend « se contenter » des explications que lui donneront le directeur général pour la France, Jean-Christophe Romersi, et le nouveau PDG du groupe, Philippe Charrier, qu’elle reçoit mardi matin. « Je vais leur dire ma colère, parce que ça fait deux ans que j’essaie de mettre des moyens sur ces lieux, d’expliquer que ces lieux peuvent être des lieux de vie. Un tel discrédit jeté sur un ensemble remet tout en question », a-t-ajouté à l’antenne. 

456 millions d’euros pour la vente d’actions

Evoquant le « dégoût pour des pratiques qui [lui] échappent » rapporté par l’auteur des Fossoyeurs, la ministre insiste sur le fait qu’« il ne faut pas laisser penser qu’il n’y a aucun contrôle dans ce pays. Pour autant, on peut penser qu’il n’y en ait pas assez ». Au cours des trois prochaines semaines, Brigitte Bourguignon va plancher sur « les sanctions, les contrôles, la transparence de ces établissements, en concertation avec les familles et les partenaires sociaux ». Elle prévoit, enfin, la publication d’un classement des meilleurs Ehpad, comme cela se fait pour les hôpitaux.

Quant aux fondateurs du « système Orpéa », ils n’auront pas, pour le moment à répondre des dérives dont est accusé le groupe, par le journaliste Victor Castanet, dans Les Fossoyeurs. Comme le rappelle Les Echos, le docteur Marian, le fondateur, a vendu ses actions pour quelque 456 millions d’euros il y a un an. Quelque mois plus tard, Jean-Claude Brdenk en a fait autant. Lui, était en charge de la réduction des coûts. Enfin, dans la soirée du dimanche 30 janvier, le directeur général, Yves Le Masne, a été limogé .