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Présidentielle : la pauvreté et les inégalités en chiffres

En France, on parle souvent de pauvreté et d’inégalités. Mais concrètement, comment cela se traduit-il en chiffres ? Détails.

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Crédit: iStock.

Comment se traduisent les inégalités en France ? Voici cinq chiffres illustrant la pauvreté et les inégalités sociales en France, deux enjeux importants de l’élection présidentielle :

9,2 millions de personnes concernées par la pauvreté

En 2019, en France métropolitaine, 9,2 millions de personnes, soit 14,6% de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté. Avec les départements d’Outre-mer, ce total atteignait même la barre des 10 millions. Selon des données encore provisoires, le taux de pauvreté serait resté stable en 2020. Le seuil de pauvreté monétaire est fixé à 60% du niveau de vie médian, soit 1.102 euros par mois en 2019, mais la moitié des personnes pauvres avaient un niveau de vie inférieur à 885 euros mensuels.

Les dossiers de surendettement en baisse de 15%

En 2021, près de 121.000 dossiers de surendettement ont été déposés, soit 15% de moins qu’en 2019, selon une enquête de la Banque de France publiée début février. L’institution a décidé de faire l’impasse sur l’année 2020 dans ses analyses statistiques, l’indicateur ayant été fortement affecté par le premier confinement.

« L’évolution des dépôts poursuit la tendance baissière amorcée depuis 2015 », que la Banque de France explique par la baisse du chômage et des réformes visant à prévenir le surendettement. Le surendettement touche particulièrement les femmes seules ou les mères célibataires, selon la Banque de France.

4,1 millions de mal logés

La France compte 4,1 millions de personnes mal logées, selon le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le sujet, publié début février. Cela correspond à environ 6% de la population française. Dans le détail, environ un million de personnes n’ont pas de logement personnel, vivent dans la rue, à l’hôtel ou chez quelqu’un, et environ trois millions vivent dans des logements sans confort ou surpeuplés.

En outre, environ 12 millions de personnes sont « fragilisées par rapport au logement ». Il s’agit par exemple de locataires ne parvenant pas à payer leur loyer, de personnes en situation de précarité énergétique ou dépensant une part démesurée de leurs revenus pour se loger. La plupart de ces chiffres se dégradent, comme par exemple le nombre de personnes à la rue (300.000 aujourd’hui) qui a « doublé depuis 2012 et même triplé depuis 2001 ».

L’aide alimentaire en hausse de 10,6%

Le volume des denrées alimentaires distribuées en 2020 par les associations habilitées est en hausse de 10,6% par rapport à 2019, selon des données provisoires publiées en juillet par la Drees, le service des statistiques du ministère de la Santé et des Solidarités. Les bénéficiaires inscrits dans ces associations ont, eux, augmenté de 7,3%.

Ces évolutions sont notamment attribuées à la crise sanitaire liée au Covid-19, mais celle-ci n’a fait qu’accentuer une hausse des besoins en aide alimentaire déjà observée les années précédentes (+2,9% de volumes, +4,4% d’inscriptions entre 2018 et 2019).

Selon un rapport du Secours Catholique publié en 2021, plus d’un quart des ménages (27%) aidés par l’association « souffrent d’une insécurité alimentaire grave, c’est-à-dire qu’il leur arrive, de manière régulière, de ne pas s’alimenter pendant une journée entière ou davantage ».

Inégalités : la France 14e dans l’UE

Dans l’Union européenne, la France se classe 14e sur 27 en matière d’inégalités de revenus. Pour établir ce classement, Eurostat mesure, pour chaque pays, un coefficient de Gini, indice compris entre 0 et 100 qui évalue ces inégalités de revenus. Plus il est élevé, plus il y a d’inégalités.

La France (29,2 en 2019) est légèrement moins inégalitaire que la moyenne de l’UE (30,2). Le pays est également moins inégalitaire que les autres grands pays européens – Allemagne (29,7), Italie (32,8), Espagne (33,0) – ou que la Bulgarie, pays le plus inégalitaire de l’Union européenne (40). La Slovaquie (22,8) est le pays le plus égalitaire du bloc.

Cet indicateur ne donne toutefois qu’une vision partielle des inégalités, puisqu’il se concentre sur les revenus et fait l’impasse sur le patrimoine.