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Billets d’avion : avec la réouverture des frontières, les prix vont légèrement s’envoler

Alors que les frontières rouvrent peu à peu, les billets d’avion sont affichés à des prix plus élevés. La crise y est pour beaucoup, mais ce n’est pas tout.

Air France
Crédit: iStock.

La crise sanitaire a laissé des traces dans le secteur aérien. Ainsi, les voyageurs pourraient avoir une mauvaise surprise au moment de régler leurs billets d’avion. Ces derniers vont en effet subir une légère augmentation. Première raison de cette hausse, la chute du nombre de voyages professionnels qui impacte directement le prix des billets. Afin de compenser le manque à gagner, certaines compagnies font le choix de gonfler leurs prix. « Les compagnies aériennes ont besoin de compenser cette perte et vont augmenter les tarifs des classes économiques pour cela », analyse auprès du Figaro Xavier Tytelman, spécialiste de l’aéronautique au sein du cabinet de conseil Starburst.

Mais ce n’est pas le seul facteur qui justifie ces augmentations. En effet, durant la crise sanitaire, nombreuses sont les compagnies aériennes qui ont souscrit des prêts garantis par l’État français. Elles doivent désormais passer à la caisse pour rembourser. À titre d’exemple, Air France-KLM, qui avait perçu 4 milliards d’euros via un PGE a déjà remboursé 500 millions d’euros. « Il va falloir qu’elles remboursent ces prêts et cela passera en partie par une hausse des prix pour les clients », selon Xavier Tytelman. Outre ces prêts garantis par l’État français, les compagnies se sont également vu attribuer des avances par l’État. Sensées « préfinancer les missions de sécurité (et de) sûreté sur leur aéroport durant la crise sanitaire et la chute du trafic », selon le ministère chargé des Transports, elles « seront remboursées sur le produit de la taxe d’aéroport (TAP), c’est-à-dire sur le prix des billets d’avion qui sera acquitté par les passagers, en fonction du rythme de remontée en charge de l’activité aérienne », avait stipulé le ministère tout en détaillant que ces avances « ne seront à rembourser qu’à partir de 2024 » et que leur remboursement sera lissé jusqu’en 2030.

La hausse de la tonne de kérosène impacte le prix des billets d’avion

Le secteur est également impacté par les hausses du prix du pétrole. En un an, la tonne de kérosène a subi une augmentation de 68%. Celle-ci devra être épongée par les voyageurs plutôt que par les compagnies aériennes. Ces dernières « ont subi d’énormes pertes au cours des derniers mois (et) il est donc impossible qu’elles puissent absorber cette augmentation : elle devra être répercutée sur les consommateurs et cela aura un impact sur les prix » des billets, prévoit Willie Walsh, le directeur de l’Iata.

Et l’achat de carburant pèse lourd dans les coûts des compagnies aériennes. « Cela représente entre 20 et 30% de leurs dépenses», met en avant Xavier Tytelman, spécialiste de l’aéronautique. Il estime que l’augmentation des billets concernant les vols en moyen-courrier et en long courrier sera d’environ 5%. Il nuance son propos, prévoyant que cette hausse toucherait surtout les sociétés traditionnelles et non low-costs.

Selon Fahmi Mahjoub, le patron de la branche britannique d’Air France-KLM, interrogé par la BBC le 14 février dernier, l’augmentation des tarifs est « tout à fait inévitable »« Je pense (donc) que l’on s’attend à ce que les billets d’avion deviennent plus coûteux à mesure que nous avançons » a-t-il avancé, invitant les clients à « planifier plus tôt pour pouvoir éviter ces augmentations de prix ». En effet, selon le yield management, plus l’avion est rempli, plus les billets coûtent cher.

Engagements pour la planète

Mais la hausse des prix des billets d’avion s’explique également par les engagements pour la planète que les compagnies aériennes européennes ont pris en octobre 2021 afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Une promesse qui ne pourra pas être tenue sans que cela passe par une augmentation des titres de transport aériens. « Le prix du billet d’avion va augmenter de manière structurelle d’environ 1% par an dans les prochaines années, autant chez les compagnies low-cost que traditionnelles, pour intégrer les coûts liés à un transport plus durable », argumente Xavier Tytelman. Jean-Louis Baroux, l’ancien président d’APG et expert aérien est du même avis : « Cette augmentation des prix sera forcément liée aux nouvelles contraintes écologiques ».

Ainsi, il est légitime d’affirmer que l’augmentation du prix des billets d’avion va s’installer durablement, bien que celle-ci soit encore plus importante à cause du poids de la crise sanitaire qui continue de peser sur le secteur aérien.