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Un livre noir dénonce les dépenses inutiles couvertes par les impôts

Entre frais de bouches, projets d’équipements titanesques ou train de vie luxueux aux frais du contribuable, une association fait la lumière sur l’utilisation de l’argent des impôts.

impôts

Où passent nos impôts ? C’est une question très légitime que se posent de nombreux contribuables français qui règlent chaque année les factures de ministères ou de collectivités locales par le biais de diverses taxes. Afin de réduire l’opacité qui peut parfois entourer ces dépenses, l’association Contribuables associés publie « Livre noir des gaspillages 2022, 100 gaspillages hallucinants payés par nos impôts », un panorama de l’utilisation de l’argent public au cours des années précédentes, relayé dans un article du Parisien. À quelques mois d’une élection présidentielle, aucune des politiques récentes n’est épargnée.

Frais de bouche, projets d’équipement titanesques… payés par les impôts

Parmi ce florilège synthétisé dans l’ouvrage de Contribuables associés, on pourrait évoquer les frais de bouche exorbitants dépensés au ministère des Outre-mer à l’époque où Annick Girardin occupait le poste. « Pour assurer l’alimentation d’une équipe de 10 puis 15 conseillers de mai 2017 à novembre 2020, 726.599 euros auront été dépensés en frais de bouche, soit 15.800 euros par mois en moyenne », observe le rapport. Ce même rapport fait état de l’utilisation par des membres du cabinet de deux véhicules qui avaient été mis à leur disposition « alors que ces agents n’ont pas vocation à être attributaires d’un véhicule de fonction ».

En regardant les projets qui sortent de terre, la Cour des comptes fronce les sourcils. Qu’il s’agisse du projet de complexe nautique à Châteauroux (Indre) ou du centre aquatique du Libournais (Gironde). Le premier projet, qui devait initialement s’élever à 29,8 millions d’euros a vu sa facture augmenter de près de 20 millions d’euros, soit un total de 47 millions d’euros. « Ces nouveaux équipements, dont la localisation est de plus en plus décorrélée de la domiciliation des usagers, sont susceptibles de mettre en péril les équilibres financiers des collectivités », s’inquiétait la Cour des comptes dans un rapport paru en novembre 2021. Pour le second, la facture totale représentait un tiers de plus que le budget initialement prévu. L’exemple du stade de Valenciennes, construit en 2011 pour accueillir plus de 25.000 spectateurs, et dont le taux de remplissage n’a jamais permis de rentabiliser les 75 millions d’euros dépensés, est également cité dans l’ouvrage.

Luxe, urinoirs et voie de covoiturage

Et la liste est encore longue. Nos collègues du Parisien évoquent également le train de vie luxueux de Serge Dorny, l’ancien directeur de l’opéra de Lyon. Pour rappel, cet établissement est financé à hauteur de 78% par des fonds publics. Outre un salaire annuel à six chiffres, Serge Dorny a également profité de nombreuses nuits dans des hôtels raffinés, de trajets en taxi (malgré une voiture de fonction), entre autres cadeaux et notes de frais. Pourtant, aucune sonnette d’alarme n’a été tirée par la chambre régionale des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes, à la fin de l’année 2021.

Le livre retrace également l’échec cuisant des urinoirs qui devaient fonctionner grâce à des panneaux solaires. Ils avaient été installés à l’été 2020 dans le nord de Paris. Mais à cause d’un manque d’ensoleillement, le projet facturé au moins 40.000 euros s’est résumé à un gaspillage d’argent public. Pour achever cette liste non exhaustive des sujets passés en revue par les Contribuables associés, l’article évoque enfin le projet de voie de covoiturage qui devait voir le jour sur l’A15 entre Franconville (Val-d’Oise) et Gennevilliers (Hauts-de-Seine) à compter du mois d’octobre 2021. Malgré 5 millions d’euros déjà engagés, le projet a été abandonné.