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Pouvoir d’achat : quel candidat à l’élection présidentielle se distingue sur ce sujet

Pouvoir achat

Le pouvoir d’achat reste un sujet clivant entre la gauche et la droite. D’autant plus en période d’élection présidentielle. D’abord, les candidats situés à gauche de l’échiquier politique font des salaires une priorité. Qu’il s’agisse de Jean-Luc Mélenchon, Christiane Taubira, Anne Hidalgo, Yannick Jadot ou encore Fabien Roussel, tous souhaitent une revalorisation à la hausse du smic, énumère Le Nouvel Obs. Les deux premiers souhaitent le porter à 1.400 euros net, tandis que les trois autres souhaitent l’élever à 1.500 euros. « C’est un rattrapage, explique la maire de Paris. Une hausse de 15 % correspond à l’écart qui s’est creusé entre les très hauts salaires et les autres. »

Outre la hausse du smic, leurs programme prévoit également des négociations dans les branches professionnelles. L’objectif de ces discussions est d’aboutir à une élévation de tous les salaires. La fonction publique et les pensions de retraites ne seront pas négligées. En cas d’élection, Roussel ou Hidalgo promettent une pension minimum de 1.200 euros si la personne concernée a effectué une carrière complète. Mélenchon, quant à lui, promet 1.400 euros de retraite.

À gauche, on est également d’accord pour agir sur les dépenses contraintes. Afin de réduire la facture d’énergie, ils souhaitent investir massivement dans la construction et la rénovation thermique des habitations. Différents modèles de chèque énergie sont proposés. Anne Hidalgo prévoit, elle, de baisser la fiscalité sur les carburants alors que Mélenchon envisage de bloquer les prix des produits de première nécessité. Enfin, dernière grande ambition de la gauche au sujet du pouvoir d’achat, l’élargissement du RSA aux jeunes de 18 à 25 ans, souhaité par Hidalgo et Roussel. À ce sujet, Mélenchon préfère une « garantie d’autonomie » s’élevant à 1 063 euros. Yannick Jadot, lui, envisage de créer un « revenu citoyen » de 918 euros. Celui-ci, permettrait d’« éradiquer, pour la première fois dans notre pays, la grande pauvreté ».

Redonner du pouvoir d’achat grâce à une baisse des cotisations sociales

Du côté droit de l’échiquier politique, les promesses autour du pouvoir d’achat sont différentes. Les candidats priorisent une réduction des charges sociales. Valérie Pécresse propose d’augmenter les rémunérations nettes des salariés du privé (jusqu’à 2,2 smic) de 10 %. Pour agir en ce sens, la candidate LR entamerait une baisse de 2,4 % des cotisations vieillesse des salariés. Ce sera l’Etat qui réglera la note, estimée à 12,5 milliards d’euros (un peu moins, grâce aux effets indirects sur les rentrées d’impôts). L’Etat devra alors soit s’endetter encore plus, soit réduire ses dépenses ailleurs… Sur la protection sociale, par exemple. Pour poursuivre l’effort jusqu’à l’objectif de 10 %, Valérie Pécresse mise ensuite sur « une grande conférence sociale »… Mais aussi sur bonne volonté des entreprises, qui auront gagné des marges de manœuvre grâce à une baisse de leurs impôts de production.

Réduire les cotisations est également au programme de l’extrême droite. Le candidat Zemmour parle ainsi de baisser la CSG sur les bas salaires, jusqu’à dégager un treizième mois. Il promet aussi une « prime zéro charge », versée seulement si l’employeur le décide. Sa rivale à l’extrême droite, Marine le Pen, plaide quant à elle pour des exonérations de cotisations le smic pouvant aller jusqu’à trois fois le salaire minimum. Point de ralliement entre les deux candidats, le financement de ces promesses : celui-ci reviendrait à supprimer les droits sociaux des immigrés. Les deux candidats ont pour point commun de prétendre financer leurs mesures par la suppression des droits sociaux des immigrés.

Pas de revalorisation du Smic pour Emmanuel Macron

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, qui n’a pas encore officialisé sa candidature, on sait déjà que le smic ne sera pas revalorisé « Ce n’est pas notre méthode, détaille le député du MoDem Jean-Noël Barrot. La hausse du smic dissuaderait les entreprises d’embaucher et créerait du chômage. Nous avons privilégié d’autres leviers, notamment l’augmentation de 90 euros de la prime d’activité. »

Cependant, le président actuel pourrait favoriser de nouvelles baisses de cotisations après le suppression des cotisations salariales chômage et maladie. Des projets qui placent Emmanuel Macron sur un curseur plutôt à droite qu’à gauche. « Cela dépend de quelle gauche on parle, tempère Jean-Noël Barrot. Sur le sujet du coût du travail, le clivage gauche-droite s’est estompé puisque François Hollande a fait le CICE, qui est une baisse de cotisations sociales très forte pour les entreprises. »