Se connecter S’abonner

Salaire : et si vous perceviez une indemnité échelonnée dans le mois ?

Au regard d’un récent sondage, 37% des Français souhaiteraient percevoir leur salaire toutes les deux semaines. Détails.

salaires
Crédit : iStock.

Être payé en plusieurs fois. Voici le souhait émis par un Français sur trois. En tout cas au regard du détail des données mises en exergue par une étude d’OpinionWay pour Rosaly, une start-up spécialisée dans le développement de l’acompte sur salaire. La proportion de personnes souhaitant recevoir leur salaire en plusieurs fois monte même à 62% chez les moins de 35 ans.

Dans le détail, 37 % souhaiteraient percevoir leur indemnité toutes les deux semaines. Pour 27 % ce serait de façon hebdomadaire et 19 % quotidiennement. « En pleine crise du pouvoir d’achat, nous pourrions commencer par mieux payer les actifs, pas forcément plus. Si les ménages recevaient leurs salaires en deux ou trois fois, ils pourraient mieux gérer leur budget mensuel et éviter de se retrouver à découvert dès la première quinzaine, estime Arbia Smiti, PDG de Rosaly auprès de nos confrères. De nombreux pays le font déjà, comme l’Australie, les États-Unis ou le Royaume-Uni, mais pas la France. »

Un salaire conditionné par le Code du travail

Dans l’Hexagone, les freins sont nombreux. Le Code du travail est sûrement le plus illustre. En effet, il impose la mensualisation afin que la rétribution salariale soit versée « une fois par mois », toujours à la même période. Cependant, le salarié peut obtenir un acompte, à condition que celui-ci ne dépasse pas la moitié de son revenu mensuel. Une alternative courante qui permet souvent d’éviter le découvert. Ou de souscrire à un crédit à la consommation.

Mais en ce qui concerne les travailleurs saisonniers, temporaires, intermittents, les règles ne sont pas les mêmes. Ainsi, l’employeur des salariés qui exercent sous les statuts précédemment cités, est contraint de verser la rémunération « au moins deux fois par mois ». « C’est pour cela que des plates-formes étrangères, comme Deliveroo ou Uber, payent les livreurs et chauffeurs à la semaine voire au quotidien, souligne Arbia Smiti auprès du Parisien. C’est motivant, pour le particulier, d’obtenir le fruit de son travail quasi immédiatement. »

Autre frein à ce versement échelonné, le coût que l’opération représenterait. Il représente entre 17 et 35 euros, par fiche de paie et par salarié. Et ce, rien que pour les frais qui concernent les logiciels utilisés par les services de la société. Cela reviendrait à multiplier ce nombre, au moins par deux. « À cela s’ajoutent évidemment les charges de postes supplémentaires dans les services RH pour tout gérer », conclut Arbia Smiti.