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Entreprises : le Covid-19 et le télétravail ont modifié la routine bien huilée

Rares sont les entreprises qui fonctionnent en 100% télétravail. Au plus fort de l’épidémie, seules 10% des entreprises y avaient recours.

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Crédit: istock.

Ces derniers mois, le télétravail a été utilisé massivement dans la plupart des entreprises. Une véritable révolution dans la routine bien huilée de ces structures, au regard d’une étude réalisée par le cabinet de conseil en management Sia Partners, relayée par Les Echos.

En juin 2021, à l’occasion de la publication du dernier bilan annuel de la négociation collective (portant sur 2020), on observait déjà une évolution croissante de ce sujet dans les entreprises. L’an dernier, la progression s’est amplifiée. « En 2021, 3.093 accords et avenants [sur le sujet] ont été conclus et déposés sur la plateforme Légifrance », a évalué Sia Partners, qui a analysé 7.800 accords signés sur le sujet depuis 2018 recensés par le ministère du Travail. Soit plus du double de ceux déposés en 2019.

1.382 entreprises de taille intermédiaire ont négocié un accord

Avant la crise, déjà, on évoquait cette thématique dans les grandes entreprises. Mais rien de comparable à ce qu’il s’est déroulé en pleine pandémie. D’ailleurs de 418 textes conclus en 2019, on est passé à 800 en 2021. Durant cette période, la plus grande nouveauté a été la dynamique de négociation chez les PME et les ETI. Entre 2019 et 2021, le nombre de petites et moyennes entreprises ayant mis en place un dispositif de télétravail a été multiplié par plus de 2,5. Concernant les entreprises de taille intermédiaire, soit 1.382, ont elles aussi négocié un accord.

La principale raison de cette montée en puissance s’explique grâce à l’appropriation du télétravail par de nouvelles entreprises : elles étaient 2.606 en 2021, 1.875 en 2020. Mais ce n’est pas tout. Il faut également observer la progression des avenants (l’adaptation de dispositifs préexistants). En 2019, ils n’étaient que 168. Alors qu’en 2021, on en enregistrait 487.

La crise du Covid-19 a pourtant eu un impact sur les rythmes choisis. « Alors que 44 % des accords et avenants [recensés cette année-là] prévoyaient un jour de télétravail maximum en 2019, cette proportion a chuté à 25 % quand, dans le même temps, la part des textes prévoyant deux jours maximum est passée de 27 % à 40 % », détaille l’étude de Sia Partners relayée par nos confrères.

100 % télétravail et droit à la déconnexion

Mais ce ne sont pas les seules raisons de cette évolution. En effet, on peut, à ce titre, observer la progression du nombre maximum de jours de télétravail hebdomadaire permis par les accords. En 2019, il était de 2,01 jours avant de passer à 2,37 en 2021. Mais rares sont les entreprises qui fonctionnent avec 100% de télétravail. D’ailleurs, au plus fort de l’épidémie, ce modèle d’organisation ne dépassait respectivement pas 10 % et 9 % des accords enregistrés en 2020 et 2021. « Et dans des conditions extrêmement encadrées », pointe l’étude de Sia Partners. Les accords permettant jusqu’à trois jours de télétravail par semaine ont progressé : ils sont passés de 17 % en 2019 à 19 % en 2021. Et ceux qui prévoyaient un maximum de quatre jours se stabilisent autour de 7%.

« Sur le fond, on constate que les entreprises ont passé un cap dans l’adoption du travail hybride », précise Sébastien Vernède, directeur RH et transformation chez Sia Partners, qui a piloté l’étude. « Passer à deux jours de télétravail par semaine multiplie les possibilités pour les membres d’une équipe de ne pas se voir, argumente-t-il. De nouvelles problématiques vont se poser. » Il anticipe ainsi « l’ouverture d’un nouveau chapitre non dénué de défis en matière d’organisation du travail et de pratiques managériales ».

Parce que la crise sanitaire a fait émerger de nouveaux enjeux. En particulier celui du droit à la déconnexion. Les accords prennent ce phénomène en compte de manière croissante. En 2021, 60% des textes enregistrés le mentionnent, peu importe la taille de l’entreprise. Enfin, l’indemnité journalière de travail en distanciel sera également l’un des points saillants sur lequel il faudra travailler.