Se connecter S’abonner

Education financière : les jeunes déjà mis au parfum

L’éducation financière des jeunes renvoie par exemple aux arnaques sur Internet, ou encore leur rapport aux achats en ligne. Explications.

éducation financière
Crédit: iStock.

Favoriser l’éducation financière chez les jeunes. A l’occasion de l’édition 2022 de la « Global Money Week », la Fédération Française bancaire a renouvelé pour la troisième fois consécutive son baromètre auprès des jeunes âgés de 8 à 14 ans. Une occasion rêvée de promouvoir l’éducation financière de ce jeune public. Deux ans après une crise sanitaire qui a modifié les pratiques de consommation de la population française sur de multiples pans, et juste après le début de la guerre en Ukraine, ce sont 1002 enfants qui ont répondu à des questions permettant de produire un sondage Harris Interactive.

Partant du constat, que les achats sur Internet sont de plus en plus plébiscités par la population française, les sondeurs ont d’abord réalisé que ce phénomène touchait également les jeunes. Ainsi, 57% des enfants interrogés assument avoir déjà acheté quelque chose sur Internet. C’est six points de plus que l’année passée, à la même période. De plus, les publicités auxquels ils sont confrontés sur le Web ont davantage d’impact sur eux (63%, +8 points par rapport à l’an dernier). Néanmoins, les jeunes sont plutôt alertes face aux arnaques qui pullulent sur Internet. Ainsi, un tiers d’entre eux affirme avoir déjà reçu un message d’arnaque sur un réseau social, et 4 enfants sur 10 parmi ceux qui avaient déjà effectué des achats en ligne sont tombés sur des tentatives d’arnaques en achetant un produit.

Une éducation financière couplée à une éducation écologique ?

En revanche, si l’intensification des achats en ligne est plutôt évidente, les jeunes ne sont pas plus précoces qu’avant. D’ailleurs, les enfants sondés situent leur premier achat personnel à l’âge de 9 ans environ, et leur premier achat en ligne à 10 ans ½. Comme les années précédentes, les jeunes estiment qu’on peut faire son premier achat seul sur Internet à 16 ans en moyenne. Pour plus de la moitié (52%), il faut attendre la majorité. Cette année, les enfants font un peu plus de deux achats par mois en moyenne, en ligne ou en magasin. Soit une légère hausse par rapport aux chiffres de 2021, imputables à la crise sanitaire et ses restrictions.

Et la perception de la valeur monétaire chez les enfants n’évolue pas non plus de manière significative. En effet, selon eux, un produit « qui ne coûte pas cher » vaut en moyenne 11 €, contre 83 € en moyenne pour un produit « qui coûte cher » : des ordres de grandeur quasiment équivalents à ceux des années précédentes. Il s’avère aussi que ce jeune public est assez éco-responsable. Alors s’il possède un objet ou quelque chose qui ne lui plaît plus, il préfère lui donner une seconde vie. Dans le détail, 48% des enfants préféreraient vendre un objet qui ne leur plaît plus, alors que 26% préféreraient plutôt le donner à quelqu’un d’autre. S’il s’agit d’un objet qui n’est plus de leur âge, ce penchant s’avère moins saillant (45% préférant la vente et 33% le don).

Encore plus concrètement, 55% des sondés indiquent avoir déjà vendu un produit via Internet. Parmi eux, 13% l’ont fait sans bénéficier de l’aide de leurs parents. Aficionados de la revente, les jeunes Français ne boudent pas l’achat d’objets de seconde main pour eux-mêmes. Bien au contraire : 68% d’entre eux indiquent qu’ils pourraient acheter un produit d’occasion plutôt que neuf pour économiser de l’argent. Et plus de 1/3 indiquent utiliser des sites de revente d’occasion, à l’image de Vinted ou Leboncoin. Facilitées par la digitalisation des transactions d’une manière générale, les pratiques d’économie circulaire semblent avoir conquis le quotidien des Français.