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Les banques françaises accusées de soutenir les énergies fossiles

En 2021, les banques françaises ont financé les acteurs des énergies fossiles à hauteur de 47 milliards de dollars.

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Un soutien qui fait tâche pour les banques françaises. Ce mercredi 30 mars, plusieurs ONG, dont Reclaim Finance et les Amis de la Terre, ont publié conjointement un rapport sur les grandes banques tricolores. L’étude, relayée par Les Échos, démontre qu’elles continuent d’investir des dizaines de milliards d’euros dans les énergies fossiles malgré la multiplication de leurs engagements en faveur du climat.

« Avec 352 milliards de dollars de financements au cours de ces six dernières années, la place de Paris (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, BPCE, Crédit mutuel, La Banque postale) représente le premier soutien de l’Union européenne à cette industrie, et talonne de très près celle de Londres », détaille le rapport intitulé « Banking on climate chaos ».

Malgré des chiffres encore trop élevés, le soutien aux énergies fossiles des banques françaises connaît un ralentissement. De plus, nombreuses sont celles qui ont rejoint l’année dernière la Net Zero Alliance sous l’égide de l’ONU, lors de la COP 26. Par exemple, l’an dernier, 47 milliards de dollars ont permis de financer les acteurs des énergies fossiles. Contre 88 milliards en 2020. Une avancée vers la transition écologique.

Des opérations financières de grande envergure au profit de BP et TotalEnergies

Face à ces résultats, les ONG préfèrent rester mesurées. « Si les flux financiers français baissent en 2021, rien n’indique que cette tendance va se confirmer, affirme Louis-Maxence Delaporte, chargé de campagne chez Reclaim Finance. En effet, dès le mois de janvier 2022, les banques françaises ont été impliquées dans plusieurs opérations financières de grande envergure au profit de BP, TotalEnergies et Saudi Aramco, chefs de file de l’expansion pétrogazière. »

Les efforts ressentis n’empêchent pas les banques françaises de financer la construction de nouvelles infrastructures liées aux énergies fossiles comme des plateformes pétrolières, des terminaux gazier ou encore des pipelines. En 2021, le rythme a néanmoins baissé. Pour l’Agence internationale de l’énergie (AIE), développer de nouveaux projets pour subvenir aux besoins de l’humanité en énergie n’est plus nécessaire.

La Fédération bancaire française (FBF), elle, dénonce des chiffres « fantaisistes ». « En témoigne le rapport définitif de l’AMF et de l’ACPR publié en fin d’année dernière, qui montre une exposition totale aux hydrocarbures conventionnels et non conventionnels entre 2015 et 2020 plus de deux fois inférieure à celles du rapport de Reclaim Finance et Les Amis de la Terre », précise l’organisation.

Un greenwashing des acteurs financiers dénoncé

La FBF a également rappelé que, selon les régulateurs, l’exposition du secteur bancaire au pétrole et au gaz afficherait une croissance de 1 % par an. Tandis que les prêts aux entreprises ont connu une hausse de 52 % sur la même période. « Il n’y a pas d’addiction aux hydrocarbures de la part des banques françaises, et le poids de ces financements diminue », déclare l’organe représentant du secteur.

Pourtant, ce mois-ci, la Banque centrale européenne n’a pas manqué de dénoncer le greenwashing entrepris par de nombreux acteurs financiers. Selon elle, aucune des 109 banques sous son contrôle ne faisait d’efforts suffisants sur les risques environnementaux. À propos des établissements financiers européens, la BCE a résumé la situation à « beaucoup de bruit de fond mais rien de réellement substantiel ».