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Courses : la facture vouée à être de plus en plus lourde

Les panélistes prédisent que, d’ici la fin de l’année 2022, la facture de courses pèsera encore plus lourd dans le budget des ménages.

inflation
Crédit: iStock.

Dans les supermarchés, les compteurs s’affolent comme jamais depuis 1985. Et la facture de courses risque d’être de plus en plus salée, explique BFMTV. Jeudi 31 mars, l’Insee a publié son estimation de l’inflation pour le mois qui s’achevait. Sur un an, celle-ci atteint un niveau que la France n’avait plus connu depuis environ quarante ans, avec une hausse globale des prix de 4,5%. Mais la situation n’est pas vraiment comparable. En effet, dans les années 1980, l’ensemble de l’économie bénéficiait d’augmentations. Dans le chiffre de l’inflation communiqué par l’institut, seuls les prix de l’énergie sont reflétés.

Sur le mois de mars, l’Insee observe que les prix du carburant, du gaz ou encore de l’électricité, subissent une hausse cumulée de 28,9%. Ceux des produits à la consommation restent plus modérés, même si eux aussi connaissent une hausse (+2,8% pour l’alimentation, +2,1% pour les produits manufacturés et +2,3% pour les services).

En d’autres termes, l’inflation reste pour l’instant aux portes du supermarché. Mais elle commence à s’y immiscer. Globalement, les prix de l’alimentation sont en hausse de 2,8%. Mais les produits frais, par exemple, subissent déjà des augmentations importantes, +7,2% en mars sur un an, d’après l’institut de statistiques. Les agriculteurs sont en effet lourdement impactés par la hausse des prix du carburant. Et ils la répercutent sur les produits non transformés comme les fruits, les légumes et les poissons.

Une facture de courses encore plus lourde fin 2022

Ces données concernent l’ensemble des circuits de ventes de produits alimentaires (magasins, grandes surfaces, marchés…). Dans la grande distribution, l’inflation est traditionnellement plus contenue. Pourtant, Nielsen observe une accélération justifiable sur le mois de mars. Ainsi, au sortir d’une année 2021 déflationniste, les prix sont repartis à la hausse en janvier. Depuis, ils n’ont cessé de grimper pour atteindre une hausse de 1,26% au mois de mars. Le panéliste estime à 81% la part des produits qui ont augmenté sur la période, contre 68% en février.

Mais de quels produits parle-t-on ? Des pâtes alimentaires d’abord, qui subissent la flambée des cours du blé. En février leurs prix ont progressé en moyenne de 13%. Les desserts surgelés (+5,9%) ou les fruits secs (+ 5,8%) ont aussi augmenté. Et au sujet des prochains mois, le panéliste Iri a livré des projections peu réjouissantes. « Modérée au premier trimestre, l’inflation grimpe après les négociations commerciales pour atteindre 3% sur le 2 ème trimestre, estiment les analystes de la société dans une étude publiée en mars. L’inflation passe encore un cap au troisième trimestre (conséquences du conflit en Ukraine) et atteint 5%. Au quatrième trimestre l’inflation reste très soutenue. »

Déjà contraints par les prix de l’énergie, les consommateurs verront visiblement leur pouvoir d’achat baisser encore davantage. Et, de facto, les ventes devraient baisser dans les magasins. Le panéliste estime cette réduction du volume des achats à 1,4% par rapport à l’an passé.