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Leclerc, Lidl… pas de risque de pénurie malgré une hausse des prix

Michel Biero, patron de Lidl France, a annoncé lui aussi une augmentation des prix à venir de 5 à 8 %. Selon lui, une pénurie n’est pas à l’ordre du jour.

produits alimentaires
Crédits: iStock.

« En France, aujourd’hui, il n’y a pas de pénurie pour la consommation courante et il n’y en aura pas jusqu’à l’été », a affirmé dimanche 3 avril Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique d’E.Leclerc, sur BFMTV. « Des pâtes, il y en a. Pour l’huile de tournesol, nos stocks vont jusqu’à juin. » « Des consommateurs commencent à sur-stocker, ce sont eux qui provoquent le non-réassortiment des rayons. La France est presque auto-suffisante, sauf pour l’alimentation animale », a-t-il précisé. 

« L’Ukraine produit beaucoup d’engrais, elle fournit 30 à 40 % du marché européen de certains maïs. Ça, ça va manquer. L’alimentation pour le bétail va augmenter. Cela va induire un coût de production pour la viande. En plus, il y a l’épidémie de grippe aviaire. Des hausses vont s’additionner. L’alimentation va peser beaucoup sur l’inflation. Je pense qu’elle atteindra 6 % à l’entrée de l’été », a-t-il dit. 

La guerre en Ukraine risque de peser

Michel Biero, patron France de Lidl, a annoncé lui aussi une augmentation à venir des prix « aux alentours de 5 à 8 % ». Cependant, il a précisé que certaines hausses de prix, comme celles sur les pâtes ou sur le carton, avaient commencé bien avant la guerre en Ukraine. Et concernant une éventuelle pénurie ? « Il n’y a pas de risque pour l’heure, sur aucun produit. Je suis sûr que certains consommateurs ont encore dans leurs placards des pâtes périmées achetées lors du premier confinement de mars 2020 ! Sur-stocker ne ferait qu’aggraver la situation. » 

Aussi bien chez Lidl que chez Leclerc, les craintes reposent sur la guerre en Ukraine qui perdure. Les enseignes françaises envisagent un été difficile. « L’inflation que vont vivre les Français dans les deux mois qui viennent est la cause d’événements passés. La crise ukrainienne ajoutera une couche cet été si elle perdure et si le blé n’a toujours pas été semé. Là, on aura une crise mondiale et surtout autour de la Méditerranée, au Maghreb et en Égypte », s’inquiète le patron des centres Leclerc.

Selon Michel Biero, « il y a un vrai risque pour les poulets et les œufs. Dans ces deux cas, 80 % du prix de production est lié à l’alimentation de l’animal, des graines. Or l’Ukraine était le grenier de l’Europe. Et de poursuivre : « Côté poulets, nous avons un autre souci : le plus gros producteur de poulets au monde est ukrainien. Il sortait 1,5 million de bêtes par semaine. L’ensemble du marché européen se tend et cherche d’autres sources d’approvisionnement. »