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Allocation adulte handicapé : s’il est réélu, Emmanuel Macron changera les règles

Un jour auparavant, il évoquait « plusieurs réponses » pour faire évoluer l’allocation adulte handicapé, sans les détailler.

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Crédit: iStock.

C’était un point qui était absent du programme du président-candidat. Vendredi 15 avril, au micro de la matinale de France Info, Emmanuel Macron s’est exprimé en faveur d’un changement des règles d’attribution de l’allocation adulte handicapé (AAH). C’est une question de Lucie Carrasco, une jeune femme en situation de handicap bientôt mariée qui l’a fait réagir.

En effet, aujourd’hui, le statut conjugal est un critère d’attribution de cette aide de 900 euros mensuels. « Est-ce que j’écoute mon cœur et je me marie et je deviens un boulet, dépendante physiquement et financièrement ou je conserve ma dignité de femme et mon indépendance? » l’a-t-elle ainsi interpellé dans des propos rapportés par le Huffington Post. « On doit bouger sur ce point », a admis le président sortant. « Aujourd’hui, quelle que soit la prestation (…) on regarde votre situation familiale et la capacité à contribuer du couple. Cela crée une situation aberrante pour les personnes en situation de handicap », a-t-il reconnu. 

L’allocation adulte handicapé avait déjà fait débat

Pourtant, dans son programme, rien ne mentionne une révision des critères d’attribution de cette aide. De plus, le gouvernement s’y est même opposé en juin 2021 puis en octobre de la même année. « Comme tout minima, l’AAH est fondée sur la solidarité nationale, et plus spécifiquement sur la solidarité entre époux », avait argumenté Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées dans les colonnes de 20 Minutes. « La conjugalisation protège la personne handicapée qui travaille, parce qu’elle lui permet de bénéficier d’un plafond de ressources plus élevé », poursuivait-elle.

Emmanuel Macron promet ainsi de revoir sa copie. Jeudi 14 avril, il évoquait donc « plusieurs réponses » envisageables pour faire évoluer l’AAH, sans les détailler. Une annonce supplémentaire en guise d’appel du pied aux électeurs de gauche, qu’il essaie de rallier depuis sa qualification au second tour contre Marine Le Pen. Particulièrement courtisé par Emmanuel Macron, l’électorat Insoumis, dont le chef de file, Jean-Luc Mélenchon, lui-même porteur d’un handicap, n’avait pas caché « son dégoût » à propos des conditions de versement de l’AAH. Marine Le Pen, elle, si elle est élue, vise une « déconjugalisation » de l’AAH.