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Rénovation énergétique : et si on s’y mettait vraiment ?

En 2016, il n’y avait eu que 70.000 dossiers de rénovation énergétique qui aboutissaient de façon concrète. Explications.

passoires thermiques
Crédit : iStock.

En France, la rénovation énergétique des logements a le vent en poupe. Grâce à de multiples aides et autres primes, mais aussi avec des échéances visant à interdire la location de passoires thermiques, le nombre de rénovations explose dans l’Hexagone, rappelle Le Figaro. D’ailleurs, le dispositif MaPrimeRenov’ a obtenu une rallonge de 1.000 euros si vous installez une chaudière à énergie renouvelable. Si certaines aides sont encore en vigueur, celles à destination des chaudières à gaz seront supprimées dès le 1er janvier, en lien avec l’invasion russe de l’Ukraine.

Pour Audrey Zermati, directrice stratégie chez Effy, entreprise dédiée à l’accompagnement des particuliers dans la rénovation énergétique, « MaPrimeRenov’ va dans le bon sens ». Elle détaille : « Elle a permis de transformer un crédit d’impôt en prime ouverte à tous et que l’on touche directement. Le système est plus facile d’accès et mieux coordonné avec l’autre aide que sont les certificats d’économie d’énergie. » Et les chiffres vont dans ce sens. En 2021, 770.000 avaient été déposés (dont 670.000 acceptés et 380.000 payés). Désormais, l’objectif est de parvenir à un million de dossiers déposés. A titre de comparaison, en 2016, il n’y avait eu que 70.000 dossiers de rénovation énergétique qui aboutissaient de façon concrète. Un bilan dont Emmanuel Macron compte bien faire l’un de ses chevaux de bataille dans le duel final qui l’oppose à Marine Le Pen qui, de son côté, reste peu prolixe à ce sujet.

La rénovation énergétique absente de la campagne

D’un côté, il y a le candidat La République en Marche (LREM) qui fait le choix du fléchage social des aides. Celui-ci bénéficie à 60 % aux ménages les plus modestes. De l’autre, il y a là où la candidate du Rassemblement national (RN) qui préfère le ciblage géographique, afin de favoriser les zones rurales au détriment des secteurs urbains. Elle souhaite également utiliser les 25 milliards d’euros « prévus par le gouvernement pour subventionner les éoliennes en mer (…) pour le remplacement de toutes les chaudières à fioul de France par des pompes à chaleur électriques ». Pourtant, la rénovation énergétique n’a pas su se faire de réelle place dans cette campagne présidentielle.

Mais alors, ces travaux en valent-ils la peine ? « On surestime assez largement l’impact réel de ces travaux sur la consommation énergétique, selon l’essayiste et auteur Robin Rivaton, essayiste et auteur. Et de détailler : « On oublie l’effet rebond, des études montrent que de nombreux utilisateurs ont tendance à augmenter la température de leur logement après rénovation. » D’après lui, il faudrait se concentrer davantage sur les logements très énergivores. De plus, il déplore un manque de main d’œuvre : « La démarche de qualité et la chasse aux margoulins de la rénovation ont été de bonnes choses mais aujourd’hui on manque clairement de bras dans ce secteur. »

Et conserver le dispositif actuel n’arrangera rien. « Ces rénovations n’ont pas vocation à être entièrement subventionnées pour tous, analyse Audrey Zermati. « Il faudrait vraiment créer un prêt rénovation, à l’image de l’éco-PTZ (éco-prêt à taux zéro, NDLR), après avoir décidé qui le distribue et qui le garantit. » Même silence au sujet des rénovations de copropriété. Dès l’an prochain, il sera interdit de mettre des logements classés G à la location.