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Croissance : la France épargnée par rapport à ses voisins en 2022

Selon Gilles Moëc, chef économiste d’AXA, la France devrait échapper à une récession technique en 2022. Il prévoit une croissance en hausse de 2,7 % du PIB.

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Crédit : iStock.

Les effets de la guerre menée par la Russie en Ukraine sur la croissance française se font ressentir. Néanmoins, d’autres grandes économies devraient connaître un ralentissement économique bien plus important. Concernant la France, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse, mardi 19 avril, sa prévision de croissance de 0,6 point par rapport à son estimation de janvier, rapporte Les Echos. Contre une révision de 1,1 point pour la zone euro et de 1,7 point pour l’Allemagne. Pour l’année 2022, l’institution internationale envisage une hausse du PIB de 2,9 % dans l’Hexagone.

Fin 2021, la croissance attendue en 2022 s’élevait à 2,4 %. « Il y a une illusion d’optique », admet Gilles Moëc, chef économiste d’AXA, qui prévoit de son côté une hausse de 2,7 % du PIB en 2022. « Contrairement à beaucoup d’autres pays, la France échappera de justesse à une récession technique cette année, mais l’activité devrait être étalée, affirme-t-il. Grâce à son mix énergétique complété par le ‘bouclier tarifaire’ et au poids relativement plus faible de l’industrie manufacturière, elle est mieux armée que ses voisins de la zone euro ».

Des incertitudes dues au conflit en Ukraine

Pour Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management, la croissance française en 2022 devrait se situer autour de 2,5 %. « L’estimation du FMI pour la France est plutôt optimiste, déclare-t-il. Elle prend acte du ralentissement de l’activité, mais n’intègre pas l’idée d’une entrée durable en récession ».

Ces différentes prévisions font état de l’incertitude qui règne en ce début d’année. En effet, depuis le 24 février, le conflit en Ukraine mené par la Russie a eu un impact considérable sur l’économie. L’énergie, la hausse des prix, la confiance… rien n’a été épargné. On pourrait y ajouter les récents confinements liés à la Covid instaurés en Chine qui risquent de freiner l’activité économique et de créer des difficultés d’approvisionnement.

Selon sa dernière enquête de conjoncture, la Banque de France a ramené de 0,5 % à 0,25 % sa prévision de croissance au premier trimestre. Le secteur automobile est concerné par ces problèmes de production. Des usines sont à l’arrêt au Mans comme à Douai, faute de disposer des composants nécessaires.

Le FMI table pour une croissance française de 1,4 % en 2023

La hausse des prix provoquée par la guerre en Ukraine joue un rôle sur la confiance des ménages. L’inflation, qui a atteint 4,5 % en France en mars, devrait se maintenir à ce niveau pendant plusieurs mois. La consommation, premier moteur de la croissance dans l’Hexagone, pourrait en payer le prix fort. « Il y aura des augmentations salariales, mais pas assez pour éviter des pertes de pouvoir d’achat en 2022 », prévient Vincent Chaigneau, directeur de la recherche chez Generali Investments. Il envisage une hausse de 3 % du PIB en France en 2022, grâce à un rebond « limité en fin d’année qui serait de courte durée, avant un ralentissement global de l’activité au second semestre 2023 ».

Le FMI s’est également intéressé à la prévision de croissance française en 2023. Elle l’a abaissé de 1,8 % à 1,4 %. « C’est nettement moins que les 2,3 % prévus en moyenne de la zone euro », analyse Stéphane Colliac, chez BNP Paribas, qui s’interdit de « souscrire à ce scénario ». « S’il n’y a pas de nouveaux chocs, la France retrouvera l’an prochain sa croissance potentielle d’avant la pandémie », ajoute de son côté Gilles Moëc. 2023, un rebond économique français ?