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Les jeunes à l’assaut des voitures sans permis

Entre 2017 et 2021, le marché européen a doublé ses ventes en passant de 24.000 à 42.000 voitures sans permis. Une progression spectaculaire.

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Crédit: iStock.

Les petites voitures sans permis auraient-elles remplacé les scooters chez les lycéens ? De plus en plus de véhicules de ce type attirent les jeunes dont les besoins de mobilité augmentent en grandissant. « C’est la sécurité qui m’a attiré. C’est rassurant pour les parents d’avoir une voiture fermée », explique Jean-Paul, qui a offert une Citroën Ami à sa fille de 17 ans, Jade.

Depuis plusieurs années, le marché se porte bien. Entre 2017 et 2021, le marché européen a vu ses ventes doubler en passant de 24.000 à 42.000 voitures, indique Les Échos. Plus de la moitié a été vendue en France, en 2021, soit 22.700 véhicules en 2021. Le secteur reste une niche mais la progression spectaculaire n’est pas anodine.

« La croissance du marché a essentiellement été alimentée par les adolescents et les jeunes actifs n’ayant pas le permis. Ils sont venus s’ajouter à la clientèle traditionnelle, celles des personnes âgées ou en situation de handicap, ou encore celles ayant perdu leur permis », précise François Ligier, PDG de Ligier Group, l’un des leaders du marché avec ses marques Ligier et Microcar.

Accessibles aux jeunes dès 14 ans, titulaires du permis AM

Mais qui est en mesure de conduire ce type de voiturettes ? Tous les jeunes dès 14 ans titulaires du permis AM (qui a succédé au brevet de sécurité routière nécessaire pour conduire des cyclomoteurs) depuis 2014. Or, « les gens ne veulent plus voir leurs gamins sur des cyclomoteurs. En outre, les voitures sans permis leur font gagner du temps, en évitant les accompagnements », ajoute Philippe Colançon, PDG d’Aixam, un autre leader traditionnel du secteur. La Covid a également pu provoquer un rejet des transports en commun. « Les ventes ont tout bonnement explosé en France. »

Ces nouveautés automobiles peuvent atteindre la vitesse maximale de 45 km/h. Elles ressemblent aujourd’hui davantage à une vraie voiture qu’un à « pot de yaourt » comme autrefois. « Elles ont adopté les codes de l’industrie automobile et se sont déringardisées », estime Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem.

La dernière arrivée, c’est la Citroën Ami, qui a redonné une dynamique. « Avec son plan de communication ambitieux, elle a incontestablement constitué un fort accélérateur », analyse François Ligier. Elle a enregistré plus de 11.000 immatriculations, l’an dernier. « Elle a mis en lumière le monde des voitures sans permis, des plus simples aux mieux équipées… », déclare Philippe Colançon. Entre 2020 et 2021, les ventes européennes d’Aixam ont grimpé de 12.000 à 16.100 voitures. « Et nous prévoyons 18.500 cette année », ajoute le dirigeant.

Une ouverture au marché de l’électrique

L’an dernier, Ligier a également vendu 16.500 voitures en Europe. Soit 25 % de plus qu’en 2020 et 15 % de plus qu’en 2019. L’entreprise française prévoit une hausse de son chiffre d’affaires cette année, de 25 %, à 220 millions d’euros. « A condition d’avoir les pièces disponibles », insiste François Ligier. En effet, les pénuries de puces touchent l’ensemble du secteur, dont celui des voiturettes.

En plus de proposer un prix attractif, 7.400 euros, contre 9.000 à 18.000 euros pour les acteurs installés, la Citroën Ami a ouvert la voie au marché de l’électrique. En 2022, Aixam devrait décupler ses ventes. « Cette année, nous devrions monter à 3.000 », affirme Philippe Colançon. « Et l’électrique représentera assurément 100 % de notre futur… » De son côté, Ligier a annoncé qu’il lancera son premier modèle à batterie début 2023.

Le passage à l’électrique peut assurer un bel avenir pour le marché. « Compte tenu de la tendance actuelle dans les villes, qui généralisent les limitations à 30 km/h ou les zones à faible émission (ZFE), et suppriment des places de parking, il y a un vrai potentiel ! », assure Flavien Neuvy.