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Guerre en Ukraine : vers une pénurie de l’huile de tournesol ?

La guerre en Ukraine provoque un blocage des importations d’huile de tournesol. Résultat : certaines grandes surfaces font face à une pénurie.

produits alimentaires
Crédits: iStock.

Une énième pénurie ? Selon l’ONG Foodwatch, les deux tiers des importations françaises en tournesol sont en provenance d’Ukraine. Étant donné la persistance de la guerre sur le sol ukrainien, il devient donc de plus en plus difficile pour les grandes surfaces de s’approvisionner en huile de tournesol. Les stocks sont bloqués et la production vient à manquer.

En Normandie, dans l’Intermarché de Tourlaville à Cherbourg-en-Cotentin, impossible de trouver de l’huile de tournesol dans les rayons, rapporte France Bleu. Entre l’huile d’olive et le vinaigre, on peut y lire un message : « Chères clientes, chers clients, dans un contexte d’approvisionnement tendu, nous connaissons actuellement des difficultés de livraison sur l’huile de tournesol. Nous vous remercions de limiter vos achats à 3 bouteilles par passage en caisse, afin de satisfaire l’ensemble de nos clients. »

Sur une semaine, la consommation s’est envolée : +55 %

Les raisons de cette pénurie ? « Des achats en quantités atypiques », déplore Emily Mayer, de l’institut IRI. « Le taux de rupture est passé de 6,9 % à 9,3 % dans les hypermarchés, de 8,6 % à 10,9 % dans les supermarchés, entre le 14 mars et le 3 avril », ajoute-t-elle. Sur une semaine, la consommation s’est envolée : +55 %. Certains acheteurs, par peur de manquer, se sont précipités dans les supermarchés. Par conséquent, les prix de l’huile de tournesol ont augmenté en bondissant de 25 à 30 %. 

Pour l’entreprise Lesieur, l’un des leaders du secteur : « Nous disposons des stocks de graines nécessaires […] Les consommateurs ne doivent pas faire de réserves pour ne pas engendrer de pénuries immédiates dans les réseaux de distribution. »

Du côté des industriels, il convient donc de s’adapter. Certains ont remplacé l’huile de tournesol par une autre huile ou matière grasse dans les produits transformés qu’ils commercialisent. Ce choix implique de modifier la liste des ingrédients au dos des aliments. Ce qui n’est pas toujours respecté, constate l’association de consommateurs, UFC-Que choisir. Elle demande donc à ce que tous les industriels appliquent la loi sans délai sur l’étiquetage des produits.