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Inflation : qui sont les Français les plus touchés ?

Selon une étude de l’OFCE, les ménages résidant en milieu rural subissent en moyenne une inflation (3,8%) supérieure aux habitants urbains (3,4%).

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Crédit: iStock.

Ces derniers mois, l’inflation est devenue une réalité pour les Français. Dans les supermarchés, dans les stations-service, les prix ont considérablement augmenté. La Banque de France évalue l’augmentation du coût de la vie à 3,7% en 2022 dans le meilleur des scénarios, et à 4,4% dans une circonstance moins favorable. Un niveau jamais atteint depuis 2008. Mais qui sont les Français les plus impactés par la crise économique ? L’Express fait le point.

Selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), publiées en mars dernier, les ménages résidant en milieu rural subissent en moyenne une inflation (3,8%) supérieure à celle que connaissent les habitants urbains (3,4%). A Paris, l’inflation de 3% est moins forte qu’ailleurs. « Les ruraux qui sont souvent éloignés de leurs lieux de travail sont plus dépendants de la voiture. Ils sont les plus touchés par la hausse des prix du carburant notamment », analyse Philippe Crevel, spécialiste des questions macroéconomiques et directeur du Cercle de l’épargne. 

L’OFCE estime que l’inflation qui pèse sur les finances d’un actif (3,3%) est moins élevée que celle qui concerne un retraité (3,7%) quand le taux d’inflation se situe à 2,5% pour un étudiant. L’inflation a touché 60% des ménages et le poids du segment carburant-alimentation dans leur budget varie selon les foyers, avec un impact plus ou moins fort sur chacun d’eux. « Un couple aisé ne va pas changer ses habitudes de consommation quotidienne ni se chauffer moins, déclare Philippe Crevel. La part du transport et du budget course est peu prépondérante dans ses dépenses. » 

« Les catégories sociales les plus pauvres sont les plus dépendantes de la hausse de l’alimentation »

« Si l’on classe les ménages suivant leur position dans l’échelle des niveaux de vie, (…) les ménages plus pauvres connaissent moins d’inflation », affirment les trois auteurs du rapport, Pierre Madec, Mathieu Plane, Raul Sampognaro. Et ce, grâce aux dispositifs d’aide mis en place par le gouvernement comme l’indemnité inflation ponctuelle de 100 euros ou le renforcement du chèque énergie contre l’explosion du prix du gaz et du carburant. « Le premier dixième de niveau de vie ne voit pas son pouvoir d’achat amputé en 2021 », conclut l’étude, relayée par L’Express.

Mais Philippe Crevel préfère nuancer. Pour lui, « les catégories sociales les plus pauvres sont les plus dépendantes de la hausse de l’alimentation et elles en paient le prix aujourd’hui » L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) ne prend pas en compte le conflit ukrainien et ainsi son impact sur le secteur de l’alimentation. Une dépense importante pour les ménages les plus pauvres. Les pertes de pouvoir d’achat sont maximales pour les foyers se situant autour du revenu médian, indique l’étude. « Leurs dépenses liées à leurs hobbys ou au tourisme sont de fait perturbées », ajoute Philippe Crevel.