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En France, l’emploi salarié progresse plus vite que l’activité

L’emploi subventionné, notamment à travers les aides à l’apprentissage explique en partie ce phénomène. La tertiarisation de l’économie a pu y contribuer également.

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Crédit: iStock.

Un résultat surprenant. Au premier trimestre, la France a connu une croissance nulle. Et pourtant, l’économie française a continué de créer des emplois. Sur cette même période, l’Hexagone dénombrait 66.000 de plus qu’au dernier trimestre 2021 (+0,3 %), selon l’Insee. Soit un total de 20,126 millions salariés du privé.

De plus, malgré la crise sanitaire, le nombre d’emplois salariés du privé a dépassé son niveau d’avant-crise dès la mi-2021, rappelle BFMTV. Au même moment, le PIB tricolore n’était toujours pas revenu à son niveau. Fin 2021, la France comptait ainsi près de 400.000 emplois de plus qu’à la même période en 2019.

« Plus de personnes pour produire la même chose qu’il y a deux ans »

Pour Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision à l’OFCE, il faut aujourd’hui « plus de personnes pour produire la même chose qu’il y a deux ans ». Ce phénomène s’explique de plusieurs façons. Premièrement, des entreprises ont pu faire de la rétention de main-d’œuvre dans la perspective d’une reprise économique une fois la crise sanitaire terminée. Ce maintien des effectifs a pu être appliqué grâce aux aides Covid versées par l’Etat.

Deuxièmement, l’emploi subventionné, notamment à travers les aides à l’apprentissage, est un autre argument avancé pour expliquer les résultats concluants du marché du travail. Les tensions de recrutement qui restent très fortes incitent également des employeurs à recruter malgré un carnet de commandes qui manque de visibilité.

Pour certains économistes, la baisse de productivité proviendrait aussi de la généralisation du télétravail. Tout comme le chômage partiel, qui concerne encore 290.000 salariés aujourd’hui.

Depuis plus de trente ans, la productivité n’a jamais atteint des niveaux exceptionnels. « Avant même la crise sanitaire, la productivité par tête n’augmentait que de 0,5 à 1 % par an », explique Gilbert Cette, professeur à Neoma Business School. La tertiarisation de l’économie a pu y contribuer. En effet, le secteur des services est celui qui a le plus recours aux emplois peu qualifiés. Ses effectifs ont augmenté de 255.800 personnes entre fin 2019 et début 2022. En revanche, ceux de l’industrie ont baissé de 32.900.