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Inflation : le prix de l’alimentation monte en flèche

Pour l’institut IRI, 94 % des familles de produits de grande consommation sont concernées par l’inflation. Par exemple, les pâtes peuvent atteindre des pics à 15 %.

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Crédit: iStock.

L’inflation s’intensifie dans les supermarchés. Sur le mois d’avril, les prix des produits de grande consommation ont augmenté de 2,89 % selon l’institut IRI. La hausse est de 3,3 % pour la seule alimentation, rapportent Les Echos. L’inflation générale calculée par l’Insee comprend, elle, l’essence et s’établit à hauteur de 6 % ou 7 %. « Historiquement, les produits alimentaires ont toujours moins augmenté, assure Emily Mayer, analyste chez IRI. Mais avec un taux probable de 5 % à la fin du semestre, l’inflation dans l’alimentation atteindra son plus haut niveau depuis 2008, début de notre suivi. »

Les géants mondiaux de l’agroalimentaire répercutent le mouvement. Lors de la présentation des résultats du premier trimestre, Nestlé a parlé d’un « effet prix » de 5 %. « Nous vivons une situation totalement inédite, car il faut remonter de plus de trente-cinq ans pour avoir de tels taux d’inflation », affirme Jacques Creyssel, le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, le syndicat des distributeurs. Les consommateurs devraient voir les hausses se prolonger de quelques mois.

94 % des familles de produits de grande consommation concernées par l’inflation

« L’inflation actuelle n’a rien à voir avec la guerre en Ukraine », estime Emily Mayer. « Elle est la conséquence des obligations de la loi Egalim 2 (qui rend non négociable la matière première agricole), du coût du transport et d’aléas climatiques comme la sécheresse au Canada. » Pour Jacques Creyssel, « en additionnant les hausses résultant des négociations commerciales de début 2022, la hausse des coûts de distribution avec l’énergie et l’effet des renégociations en cours, la hausse des prix des produits alimentaires pourrait être comprise entre 7 % et 10 % ». La barre symbolique de 10 % devient de plus en plus accessible.

L’institut IRI estime que 94 % des familles de produits de grande consommation sont concernées. Les pâtes peuvent atteindre des pics à 15 %, la farine 11 % et les huiles 10 %. La seconde vague pourrait intervenir après avoir fait le bilan des pertes de la production ukrainienne, après l’été.

Les récoltes ukrainiennes sont au plus bas. Et les marchés ont anticipé les pénuries avec une explosion du prix du blé et de l’huile. « L’effet pour les consommateurs risque d’être d’autant plus fort que les industriels annulent de nombreuses promotions », déclare le représentant de la grande distribution.

« Un bouclier anti-inflation » pour compenser les hausses

De son côté, Jacques Creyssel constate chez ses adhérents, Carrefour, Auchan ou encore Casino, des baisses de volumes et surtout un report vers des produits moins chers. « Le panier moyen risque de baisser alors qu’il augmentait jusqu’alors de 2 % par an », analyse-t-il.

Les enseignes en profitent alors pour mettre en avant les produits de leurs marques. Mais ces derniers n’ont pas fait exception avec une hausse de 6,6 % sur un an. Les discounters comme Lidl et Aldi pratiquent également des hausses supérieures à 3 %. Leclerc, lui, propose « un bouclier anti-inflation » qui, du 4 mai au 31 juillet, compensera avec des bons d’achat les hausses éventuelles de prix de 120 produits du quotidien.

« La situation rend nécessaire un chèque alimentaire pour les plus faibles revenus, qui doit être financé par l’Etat et le plus simple possible, portant sur une liste large de produits », ajoute Jacques Creyssel. Michel-Edouard Leclerc a réclamé l’abolition de la hausse de 10 % du seuil de revente à perte, imposée par la loi Egalim.