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Inflation : le retour à 2% n’est pas pour tout de suite

Pour François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, il faudra que la BCE relève ses taux d’intérêt dès l’été afin de lutter contre l’inflation.

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Crédit: iStock.

Ramener l’inflation à 2%, un objectif qui ne pourra être atteint seulement dans deux ans. « Cette inflation élevée devrait le rester encore cette année (…) avant de revenir autour de 2% en 2024 », a ainsi déclaré François Villeroy de Galhau au micro de France Inter, mercredi 11 mai, rapporte BFMTV. Afin de lutter contre l’inflation, il estime que la BCE devra progressivement rehausser ses taux d’intérêts. Mais pas avant l’été, précise-t-il. Aussi, selon ses prévisions, la croissance française devrait atteindre 0,2% au deuxième trimestre, après avoir obtenu une croissance nulle dans la première partie de 2022.

L’inflation touche désormais l’alimentaire

« Ce n’est pas brillant mais après un choc comme (la guerre en Ukraine) c’est résilient », a analysé le gouverneur de la Banque de France, stipulant que « l’activité et l’emploi résistent mais l’inflation augmente fortement ». Le ralentissement de l’économie française serait ainsi confirmé, principalement en raison de l’inflation qui provoque l’augmentation des coûts des entreprises et diminue la confiance des ménages, plus frileux à la consommation.

Pour la Banque de France, qui base ses prévisions sur une enquête réalisée auprès de 8.500 entreprises, l’activité serait surtout soutenue par le secteur des services dans les prochains mois. À l’image de l’hôtellerie-restauration, qui se remet doucement de la vague Omicron. A contrario, l’industrie et le bâtiment deviendraient moins dynamiques, fortement impactés par les difficultés d’approvisionnement diverses qui gonflent légèrement les coûts, les contraignant à augmenter leurs prix de vente.

D’ailleurs, selon l’Insee, après un recul de 1,3%, la consommation des ménages devrait « légèrement rebondir » au deuxième trimestre. Et ce malgré les craintes qui entourent l’inflation, qui pourrait s’élever à 5,4% en juin selon l’institut. En effet, après l’énergie, ce sont désormais les prix alimentaires et ceux des services qui prennent une pente ascendante. Et l’inflation devrait ainsi perturber le pouvoir d’achat des ménages, en baisse de 1,5% au premier trimestre puis de 0,5% au second, selon les prévisions de l’Insee.

La reprise, c’est fini

Exit donc la forte reprise de 2021 avec une croissance à 7%. Et si l’on écoute le ministre de l’économie Bruno Le Maire, « le plus dur est devant nous » alors que « l’inflation nouvelle est le premier sujet de préoccupation économique » actuellement. Pour anticiper ces difficultés futures, Bercy s’attelle déjà à préparer et budgéter les dispositifs d’aides promis durant la campagne d’Emmanuel Macron (chèque alimentaire, augmentation des pensions de retraite…).

Et la calculette devrait à nouveau s’affoler, à coups de milliards qui s’ajouteront aux vingt-six déjà injectés dans le « bouclier tarifaire » sur l’énergie ou le plan de résilience pour résister face à la guerre en Ukraine. En attendant les noms du nouveau Parlement, le ministre de l’Economie évoquera, mercredi 11 mai, à l’occasion du dernier Conseil des ministres du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, le sujet de « la protection du pouvoir d’achat des Français », relaie le média.