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Pouvoir d’achat : 70% des Français n’ont pas confiance dans l’exécutif

Alors qu’Elisabeth Borne vient d’être nommée Première ministre, elle aura pour charge de répondre aux demandes des Français sur le pouvoir d’achat.

pouvoir d'achat
Crédit: istock.

Il s’agit de la principale préoccupation des Français. Et c’est bien parti pour durer. D’après un sondage OpinionWay-Square, relayé par Les Echos qui l’a commandé, 80% des Français se disent ainsi « préoccupés » par la progression de leur pouvoir d’achat. Et ils sont 70% de sondés à déclarer ne pas faire « confiance » au prochain gouvernement pour le « protéger ». Dans le détail, 30% des personnes interrogées ne lui font même « pas du tout confiance » et seuls 3 % lui font « tout à fait confiance ». Ce sont surtout les femmes et les actifs disposant de faibles revenus, ainsi que dans les deux franges extrêmes de l’échiquier politique qui font preuve de défiance. Les jeunes ne sont pas en reste car chez les 26-34 ans, seuls 15% lui accordent leur confiance. « Comme il s’agit d’une réélection et qu’il n’y a pas de nouveauté, il n’y a aucun état de grâce », commente Frédéric Micheau, le directeur général adjoint d’OpinionWay, pour qui « on rentre à nouveau dans une période de crise qui dure ».

Le pouvoir d’achat face aux crises

L’évolution des économies française (77 %), européenne (78 %) et mondiale (80 %) constitue également une ombre au tableau pour les Français. Et encore davantage sont pessimistes au sujet du prix du logement (81 %), des produits alimentaires (90 %) et de l’énergie (91 %). Et ces niveaux sont encore plus élevés depuis l’automne dernier. « Plus élevés que la défiance envers Emmanuel Macron. Très élevés aussi au regard des mesures prises », souligne Bruno Jeanbart, le vice-président de l’institut de sondages.

Pourtant, ces mesures et promesses qui émanent de l’exécutif satisfont une majorité de Français. Ils sont ainsi plus de 70% à trouver « efficace » la revalorisation des pensions de retraites qui s’indexera sur l’inflation. Même chose, avec des pourcentages différents, au sujet de la hausse des prix de l’électricité et du gaz, les minimas sociaux et le chèque alimentaire. Un projet de loi de finances rectificative intégrera les mesures de pouvoir d’achat évoquées par Emmanuel Macron durant la campagne.

Que dire alors de l’indemnité carburant de 100€ (versée depuis décembre aux bas salaires) et de la remise de 18 centimes par litre d’essence à la pompe (entrée en vigueur en avril) ? Respectivement 54 % et 44 % des personnes sondées les trouvent efficaces. « La reconnaissance de l’action ne nourrit pas la confiance. Pour l’opinion, cela va dans le bon sens, mais cela ne suffit pas », explique Frédéric Micheau, stipulant auprès du média que « les Français, face aux crises, ont pris l’habitude du quoi qu’il en coûte ».

« Le pouvoir d’achat est l’un des dossiers sur lesquels la capacité du politique à réellement agir suscite le plus de défiance. La grande difficulté de ce sujet est qu’on n’en fait jamais assez », poursuit Bruno Jeanbart. Il estime que le terrain encourage la « colère ». Et prévient qu’il « complique la mise en œuvre de réformes impopulaires ». En particulier au sujet des retraites. Elisabeth Borne aura ainsi du pain sur la planche.