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Le chèque alimentaire « compliqué à mettre en œuvre » selon Bruno Le Maire

Un projet de loi en faveur du pouvoir d’achat est prévu fin juin alors que depuis plusieurs mois, les modalités du chèque alimentaire font débat au sein de la majorité.

chèque alimentaire
Crédit: iStock.

Depuis plus de 18 mois, il est sur toutes les lèvres : le chèque alimentaire. Sa mise en place était censée amortir la flambée de l’inflation. Problème : il se révèle « compliqué à mettre en œuvre », a expliqué dimanche 5 juin, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, dans l’émission Le Grand Rendez-vous Europe 1 – CNews-Les Echos. L’objectif de ce coup de pouce financier est de permettre aux Français d’acheter des aliments de qualité en France, rappelle Les Echos.

« Vous avez aujourd’hui des millions de nos compatriotes qui n’arrivent pas à avoir accès à des produits alimentaires de qualité », a précisé Bruno Le Maire. Ils vont en priorité « vers les prix les plus bas ». Grâce à cette mesure, le locataire de Bercy vise donc à aider les ménages populaires afin qu’ils se nourrissent « correctement ». « Il ne s’agit pas de distribuer de l’argent public pour financer des aliments bas de gamme produits à l’extérieur des frontières », a-t-il ajouté.

Un chèque alimentaire qui fait débat

Fin juin, le gouvernement devrait présenter un projet de loi en faveur du pouvoir d’achat où il sera question du chèque alimentaire. Mais, depuis plusieurs mois, ses modalités font débat au sein de la majorité. Quand certains sont plutôt favorables à un dispositif simple, qui ne financerait pas seulement des produits alimentaires, d’autres plaident pour que le dispositif cible les « produits sains et non cancérigènes ».

De son côté, Emmanuel Macron, dans son interview à la presse régionale parue vendredi 3 juin, a exprimé sa volonté de verser en une fois le chèque alimentaire. Il écarte ainsi l’idée des paiements réguliers, sur lesquels il est plus difficile ensuite de revenir.

Concernant l’inflation, Bruno Le Maire a indiqué s’attendre à une baisse pour l’an prochain. Il table ainsi sur « la remise en ordre des chaînes de valeur » et le fait que « la Chine rouvrira ». Ce phénomène devrait aussi être alimenté par « l’accélération des investissements dans la transition énergétique » ainsi que par la recherche de « substituts à l’approvisionnement en gaz venu de Russie », a précisé le ministre. Des discussions sont notamment en cours avec les Emirats arabes unis. Si des améliorations sont espérées, Bruno Le Maire envisage néanmoins une inflation durable plus proche de 2 % contre 1 % environ ces dernières années.

Le ministre de l’Economie a également précisé que la croissance sera « positive en 2022 ». Elle était initialement estimée à 4 % mais elle sera révisée à la baisse pour le projet de loi de finances rectificative prévu pour la fin du mois.