Se connecter S’abonner

Pouvoir d’achat : les crédits à la consommation en forte hausse

Au premier trimestre 2022, le nombre de crédits à la consommation a bondi de 9,2 % par rapport à la même période l’année dernière.

gaspillage alimentaire
Crédits: iStock.

Avec la montée des prix, les Français ont de plus en plus recours aux crédits à la consommation. Selon l’Association des sociétés financières (ASF), le nombre de crédits à la consommation au premier trimestre 2022 a bondi de 9,2 % par rapport à la même période l’année dernière, rapporte Le Parisien. Et de 10,5 % si l’on compare à 2019, dernière année avant la crise sanitaire. « Nous constatons une vraie vigueur sur le marché amorcée dès la fin 2021, précise Françoise Palle-Guillabert, déléguée générale de l’ASF. Nous retrouvons les niveaux d’avant-crise sanitaire, et même mieux. »

Dans le détail, les crédits affectés à « l’amélioration et l’équipement de son habitat » (machine à laver, ameublement, multimédia…) ou à des « biens et services » (vacances, loisirs…) ont respectivement augmenté de 5,4 % et 15,5 %. Les prêts personnels, dont l’affectation n’est pas définie, ont grimpé, eux, de 16,1 %.

« La plupart du temps, ce sont des besoins de trésorerie. Il s’agit de familles modestes, qui n’ont pas ou peu d’épargne. Elles ont besoin d’une rentrée d’argent frais pour réussir à payer leurs factures d’énergie et les dépenses contraintes qui s’accumulent », décrypte Pascale Hébel, experte des tendances de consommation. « Nous avons un frémissement de demandes pour des petits besoins de trésorerie, souvent inférieurs à 3.000 euros », poursuit Cécile Roquelaure, porte-parole d’Empruntis, courtier en crédits à la consommation.

39.113 dossiers de surendettement depuis le début de l’année, moins qu’en 2021

Pour Marc Lanvin, directeur général adjoint de Floa Bank, la tendance a démarré dès janvier. Au 1er trimestre, il affiche une croissance de 20 %. « Beaucoup ont anticipé l’inflation record en souscrivant des crédits au premier trimestre pour être certains de pouvoir réaliser leur projet. » Chez Younited Crédit, Grégoire Guigou, le fondateur, fait part d’« une forte tendance pour les petits crédits affectés, entre 50 et 1.000 euros ». Et de poursuivre : « Les consommateurs s’en servent pour s’acheter des chaussures ou autres équipements secondaires. Des choses que certains pouvaient se payer avec leur salaire avant. »

Ces derniers mois, les prix de l’énergie ayant également augmenté, les demandes de prêt pour des travaux de rénovation énergétique se sont multipliées. Malgré certaines aides de l’État, comme MaPrimeRénov’, cela ne suffit pas à subvenir aux ménages les plus précaires. « Ils se tournent donc vers les établissements de crédit. Ils essayent de régler le problème à la racine, pour éviter de se retrouver avec des factures dantesques le jour où le bouclier tarifaire disparaîtra, analyse Grégoire Guigou. La tendance va se maintenir, voire s’accélérer dans les semaines à venir. »

Pourtant, d’après la Banque de France, 39.113 dossiers de surendettement ont été déposés entre janvier et avril. C’est moins que l’année dernière où l’on en dénombrait 44.703. « Il faudra malgré tout rester extrêmement vigilants dans les mois qui viennent, prévient Pascale Hébel. Les chiffres de production de crédits à la consommation sont énormes. Tout cela est dangereux dans le contexte que nous connaissons. La machine ne doit pas s’emballer ! » « Il est préférable d’opter pour un regroupement de crédits, plutôt que de les accumuler jusqu’à ne plus pouvoir s’en sortir », déclare Cécile Roquelaure.