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Les banques se préparent à une hausse des taux

Avec une hausse des taux directeurs en juillet, le secteur bancaire européen augmenterait de 18 % ses revenus nets d’intérêt.

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Crédit: iStock.

Il fallait remonter à plus de dix ans pour se rappeler de la dernière hausse des taux directeurs. La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé, jeudi 9 juin, son intention de les augmenter en juillet prochain, rapporte Les Echos. Une bonne nouvelle pour le secteur bancaire. L’ère des taux nuls, voire négatifs, serait-elle révolue ?

« Un monde avec des taux d’intérêt un peu plus normaux, c’est évidemment mieux pour les banques sur le long terme », a déclaré Frédéric Oudéa, le directeur général de Société Générale, lors d’une conférence d’investisseurs organisée par Goldman Sachs.

Dès cet été, le secteur bancaire européen serait en capacité de prêter un peu plus cher, ce qui lui permettrait de réaliser de meilleures marges. Une hausse moyenne de 18 % de ses revenus nets d’intérêt est prévue selon un sondage mené par S&P auprès de 85 établissements bancaires en Europe. En France, dans le crédit immobilier, les banques ont déjà commencé à relever leurs taux.

Un contexte économique instable

Les autorités européennes voient d’un bon oeil cette remontée des taux. « En ce qui concerne la normalisation attendue de la politique monétaire de la BCE, les banques bénéficieront des effets positifs sur leurs marges nettes d’intérêt », a précisé Andrea Enria, le gendarme des banques de la zone euro, dans un entretien au quotidien espagnol Expansion.

Une hausse des taux pourrait aussi mettre fin à la politique de taux négatifs appliqués sur les dépôts excédentaires des banques auprès de la BCE, perçue comme une taxe masquée. « Rien que cela va mécaniquement générer des revenus et des résultats supplémentaires importants », assure le dirigeant d’un grand établissement auprès des Echos.

Cependant, des risques sont à prévoir. Certains effets indésirables de la hausse des taux comme l’augmentation de ses coûts de refinancement sont à prendre en considération. Les crédits accordés, ces dernières années, à des taux très faibles devraient plomber pour quelque temps encore les revenus du secteur.

De plus, le contexte économique actuel ne facilite pas les choses. S&P espère que « la dynamique du crédit restera forte face à une conjoncture économique qui se dégrade ». Avec une forte inflation et des difficultés d’approvisionnement, les projets d’investissements des entreprises et des ménages pourraient ralentir. Les banques prêteraient ainsi à des taux plus élevés mais sur des volumes plus faibles. Rien d’avantageux.