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Aléas climatiques : les primes d’assurance habitation devraient grimper

L’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) table sur une hausse des primes entre 113 et 200 % dans les deux prochaines décennies.

primes d'assurance
Crédit : iStock.

Les nombreux épisodes de canicule à venir pourraient causer des dégâts considérables sur les habitations. L’apparition de fissures sur les murs, les sols asséchés… ces événements risquent de fragiliser les fondations des pavillons. Par conséquent, cela nécessiterait d’importants travaux de rénovation financés par les compagnies d’assurances et le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (CatNat).

« Le problème, c’est que les épisodes caniculaires se multiplient, le phénomène de sécheresse se répète et se répand dans tout le pays, y compris dans des zones qui n’étaient pas touchées auparavant. Forcément, les coûts augmentent sensiblement », précise Olivier Moustacakis, directeur d’Assurland, auprès du Parisien.

Dans les années 1980, les sinistres liés aux aléas climatiques avoisinaient 1 milliard d’euros par an. Le chiffre a doublé la décennie suivante. Puis, à partir des années 2000, il atteignait les 3 milliards d’euros. Enfin, ces cinq dernières années, les dégâts coûtent en moyenne 4 milliards d’euros.

« L’habitat doit s’adapter au changement climatique »

France Assureurs, fédération regroupant l’ensemble des compagnies, envisage un triplement des coûts des sinistres d’ici à 2050. « Les primes d’assurance vont gonfler dans leur globalité, assure Raphaël Vullierme, PDG de Luko, assurtech spécialisée dans l’assurance habitation. Aujourd’hui, les tarifs pour assurer un logement dans une zone à risques (plutôt dans le Sud ou proche du littoral) sont très élevés. »

A terme, les primes devraient continuer à augmenter si le dérèglement climatique s’intensifie. « Si nous tarifions les primes en fonction des risques, les prix seraient délirants, déclare Ralph Ruimy, cofondateur d’Acheel. Ceux qui sont dans des zones à risques paieront le prix fort. »

L’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), gendarme du secteur, table sur une hausse comprise entre 113 et 200 % dans les deux prochaines décennies. Par exemple, la couverture complète d’une maison de 150 m2 située au bord de l’océan, à Royan (Charente-Maritime), coûte à l’heure actuelle environ 400 euros par an en moyenne. Avec les risques climatiques, notamment les inondations, la prime pourrait atteindre entre 1.200 et 1.500 euros en 2035.

Les assureurs peuvent également refuser d’assurer le bien immobilier. Si les sinistres liés aux aléas climatiques, qui concernent la moitié des Français, sont trop fréquents les compagnies décideront d’arrêter de couvrir ces risques, puisqu’ils n’auront plus de « caractère aléatoire ».

« L’habitat doit s’adapter au changement climatique : avec de la prévention et l’arrêt de constructions dans des zones inondables ou sur des terres bourrées d’argile, analyse Raphaël Vullierme dans les colonnes du Parisien. En revanche, pour les anciennes maisons vulnérables, il n’y a pas grand-chose à faire. Des travaux d’aménagement, sur les fondations par exemple, coûteraient plus cher que la maison elle-même… »