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Les paiements en espèces de plus en plus rares en France au profit du sans-contact

De plus en plus délaissées au fil des années, les espèces n’ont plus la cote chez les Français qui lui préfèrent d’autres méthodes comme la carte bancaire dont l’option sans-contact qui se développe.

espèces
Crédit: iStock.

Pour régler leurs achats, les Français ont leur préférence de ce qui sortira de leur porte-monnaie. Ainsi s’il n’a pas tout à fait disparu et continue à résister, le paiement en espèces se fait de plus en plus rare au profit du paiement en carte bancaire et du sans-contact. C’est ce que révèle l’étude Poll&Roll pour le comparateur Panorabanques relayé par Le Parisien mardi 21 juin.

Parmi les Français interrogés, ceux-ci déclarent se rendre en moyenne 1,5 fois par mois au distributeur automatique de billets (DAB) afin de retirer du liquide, une somme de 47 € en moyenne. Un chiffre en légère baisse par rapport à l’année dernière avec 1,6 de moyenne.

D’après les données de l’étude, 45% des personnes interrogées n’utiliseraient les DAB qu’une fois par mois au maximum, dont 5% d’entre eux ne les utiliseraient tout simplement jamais. Une proportion d’utilisation des distributeurs qui varie selon les générations. Alors que les 18-34 ans se rendent aux automates une fois par mois maximum à 53%, cette part baisse à 28% chez les 66 ans et plus, qui reste attachée aux espèces.

Pour le porte-parole de Panorabanques, Basile Duval, interrogé dans le quotidien, si les jeunes sont plus à l’aise avec les nouvelles technologies et les nouveaux moyens de paiement, « la disparition du cash est globale et progressive ».

Les espèces sont toutefois encore utilisées dans certains commerces bien ciblés : 64% des Français les utilisent dans les petits commerces comme les boulangeries ou les épiceries, 54% au marché et 40% des interrogés l’utilisent pour des pourboires.

Face au déclin des espèces, l’envol du sans-contact

Alors que le cash périclite, le paiement par carte bancaire lui a de beaux jours devant lui, et notamment sa version sans contact, qui s’est particulièrement développée pendant la crise sanitaire. Aujourd’hui, le sans-contact est douze fois plus utilisé que les espèces pour les transactions, près de 86% des Français ont adopté ce moyen de paiement rapide.

A contrario, le paiement mobile ne semble pas encore séduire beaucoup de consommateurs. Selon l’étude, 69% des interrogés ne veulent même pas s’en servir. Ainsi seuls 19% des Français payent avec leur téléphone, dont une grande majorité de jeunes, dont des clients d’une banque en ligne. Un chiffre qui n’est pourtant pas alarmant comme le souligne Basile Duval dans Le Parisien : « il a fallu dix ans au sans-contact, devenu une évidence aujourd’hui, pour s’imposer. »

Autre figure des moyens de paiement, le chéquier résiste néanmoins avec un quart des interrogés qui remplit au moins un chèque chaque mois. Sur un an, les particuliers remplissent six chèques, d’un montant de 96 € en moyenne. Encore une fois, cette part évolue avec les tranches d’âge : neuf personnes sur dix pour les 50 ans et plus se servent de leur chéquier contre 63% pour les 18-34 ans.

Une offre bancaire moins présente

Globalement, les opérations de retrait des billets de banque ont reculé en une année de 4,3% en 2020 pour atteindre 1,1 milliard de transactions. Une baisse qui peut être également corrélée avec une raréfaction des DAB dans les rues. Selon la Banque de France, on trouvait en 2020 près de 48.170 distributeurs, un chiffre en baisse de 3,2% en un an. Autre disparition qui n’arrange pas les affaires des espèces, la fermeture des agences en France, près de 3.700 en dix ans.

Un changement d’habitude qui suit les nouveaux usages selon Basile Duval qui note que les grands groupes bancaires « poussent leurs clients à être davantage autonomes ». Ainsi 58% des Français interrogés se rendent une fois par an maximum dans leur agence tandis que 23% s’y rendent moins depuis la crise sanitaire. Un Français sur dix selon l’étude ne contacte même jamais son conseiller bancaire au profit de l’utilisation des outils numériques pour gérer son compte. Seules quelques exceptions qui nécessitent une intervention persistent comme un incident sur le compte (40%), un conseil sur sa situation (39%) ou pour souscrire à un nouveau produit (34%).